La retraite, ce serait donc ça, des jours de farniente à la campagne chez mon amie du lac Loyer, à quelques minutes en voiture de chez moi, à St-Jean-de-Matha. J’arrive chez ma copine, nous nous installons rapidement dehors, au soleil, pour jouer aux cartes. Nous placotons. Nous portons toutes les deux des maillots, c’est une journée caniculaire. Je me permets ici une parenthèse : ça faisait des années que je refusais de m’exposer au regard des autres en maillot de bain. Je me trouvais trop vieille, trop flétrie, trop ratatinée. Ce n’est pas tant mon corps que je voulais cacher que les yeux des autres que je désirais épargner ! Mais ces barrières, une fois à la retraite, ne tiennent plus. On profite, flétrie pas flétrie. Dotée d’une poitrine généreuse qui s’appuyait sur le rebord de la table ronde où nous étions installées, ma copine étudiait son jeu de cartes quand l’idée de photographier ses seins a germé à mon esprit.
– Ensuite, si tu veux, tu pourras photographier les miens, ai-je ajouté après avoir demandé à mon amie si elle acceptait d’être mon modèle un mini peu érotique.
Comme elle est retraitée, et depuis plus longtemps que moi, mon amie a accepté. Elle profite elle aussi, flétrie pas flétrie. Un jour, je mettrai peut-être en photo vedette sa belle poitrine à la peau légèrement rousselée, si elle m’en donne l’autorisation. En attendant, voici la mienne. Au premier coup d’œil, une fois la photo transférée sur mon ordinateur et apparaissant en gros plan, j’ai trouvé que ma cicatrice ressemblait à la ligne d’une colonne vertébrale. Avoir prévu une séance de photos érotiques, qui est venue donner un peu de zest à notre partie de Skip bo qui battait de l’aile, je me serais arrangée pour que le plissé du bonnet ne s’imprime pas dans ma peau, sous chaque sein. On reconnaît, du moins moi je reconnais mon bracelet médical qui apparaît en arrière-plan au bras droit, à gauche sur la photo. Je porte un maillot qui m’a été donné par Denauzier qui lui a été donné par sa fille de vingt ans et que j’ai refusé de porter l’été dernier lorsque nous nous sommes connus.
– Chérie, tu ne voudras pas te baigner ?, m’avait-il demandé, très déçu que je ne profite pas de l’eau fraîche du lac où nous attendaient des amis.
– Oui, oui, je vais me baigner. En robe. J’ai une robe blanche en coton très léger qui est idéale pour ça.
Denauzier n’avait pas osé commenter.
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