Domaine animalier, toujours, à la suite du huard (jour 1355) et d’un membre du cheptel bovin (jour 1354) dont je ne peux dire s’il s’agit d’une taure ou d’une vache ou d’un jeune bœuf. Voici maintenant Chaton. L’être vivant sans lequel ma sœur ne pourrait vivre. Quand j’ai été l’accompagnatrice de papa, plus tôt cet été, et que pour ce faire je suis venue vivre cinq jours chez ma sœur, les recommandations de Bibi ayant trait au chat étaient trois fois plus nombreuses que celles ayant trait à papa. Il fallait lui donner des bonbons poissons aux trois heures, les déposer sur un meuble pour que chaton puisse manger en hauteur, car il n’aime pas les planchers. Il fallait lui décortiquer une crevette une heure avant le souper et la lui servir, cette fois, au milieu de la surface de la table à manger. Je devais m’assurer que ses jouets traînaient en quantité suffisante dans les différentes pièces de l’appartement. Ne pas ouvrir de bouteilles de vinaigre car l’odeur le fait éternuer. Retirer les agglomérats de sa litière deux fois par jour. Et patati, et patata. Bien entendu, je n’ai rien fait de tout ça et Chaton ne s’en est pas plus mal porté. Il a même été en contact, pour la première fois de sa vie, avec un chien, en l’occurrence une chienne, Nickie, la petite schnauzer de Denauzier qui est venue passer une nuit avec nous et dormir à nos pieds. Toujours est-il que ce soir 20 août, alors que je suis arrivée chez Bibi pour m’occuper de papa et que je devais nous préparer des hot-dogs pour souper, avec des légumes sautés de ma spécialité, je me suis demandé si j’allais me contenter d’un seul hot-dog ou si j’allais en préparer deux. Cela voulait dire trois, en incluant celui de papa.
– Bah !, fais-en trois, m’a dit papa, et si tu en as trop, on donnera les restes au chat.
J’ai adoré sa réponse on ne peut plus nonchalante en matière d’alimentation féline.
Un petit mot sur les légumes de ma spécialité. Il s’agissait de choux-fleurs déjà cuits mélangés à des patates grelots, déjà cuites elles aussi, sautés à l’huile et généreusement saupoudrés de curcuma, coriandre et cumin. Assez vite, le besoin d’ajouter un liquide dans la poêle s’est imposé, compte tenu de l’importante quantité de poudre qui commençait à coller dans le fond. J’ai utilisé une partie d’un mélange de fruits que j’avais fait cuire deux heures auparavant, à savoir un mélange de pêches et de cantaloup, saupoudré, le mélange, d’un peu de sauge. Étrange. Tellement étrange que j’ai cru bon dissimuler ma mixture fruitée dans les légumes poêlés.
– Qu’est-ce que c’est, ce mélange ?, m’a demandé papa en pointant la casserole qui contenait les pêches et autres curiosités.
– Des pêches cuites, ai-je répondu sans élaborer davantage.
Après les hot-dogs, dont aucun reste n’est allé au chat, papa m’a demandé des pêches, qu’il a trouvées excellentes.
-
Badouziennes
Textes antérieurs
Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
Catégories
