Jour 1 374

J’ai adoré l’idée. C’est mon frère Swiff qui l’a eue. Pour ma part, je n’y aurais pas pensé, ou alors, y avoir pensé, je n’aurais pas même osé l’exprimer. L’idée est la suivante : Swiff m’a dit le week-end dernier, à l’hôpital, qu’il demandait à maman, décédée le 21 mai 2014, le jour de mon mariage cette année avec Denauzier, de venir chercher papa. C’est romantique. Ce serait un juste retour du balancier parce que dans leur vie terrestre, papa aura beaucoup fait pour maman. Maman aura moins fait pour lui, parce qu’elle était trop faible psychologiquement. Si elle venait chercher papa maintenant, bientôt, sans trop tarder, elle rétablirait la situation d’un seul coup de baguette magique. Je n’ose pas m’adresser à maman comme le font mon frère et ma sœur. Quand j’essaie de le faire, je m’adresse à elle sans m’abandonner, je suis sur le frein, comme trop souvent lorsque je peins. Je n’ose pas m’adresser à elle dans sa vie de maintenant, en admettant qu’il y en ait une, parce que je n’ai pas été tellement encline à m’adresser à elle de son vivant. Comme si c’était une affaire de œil pour œil, dent pour dent. Je m’adresse à maman en manquant de naturel, comme lorsqu’il nous est demandé par le prêtre, à l’église, de serrer la main de nos voisins de bancs pour exprimer que nous sommes tous des frères unis dans la grande famille de dieu. Je le fais, je serre les mains, mais, le faisant, je ne suis pas moi et j’ai hâte que ça finisse. Il m’arrive d’allumer des cierges dans les églises que je visite, la dernière fois c’était à Paris. Il y avait une grande quantité de cierges d’allumés, c’était très beau, toutes ces flammes qui vacillaient. Quand j’allume ainsi un cierge, à Paris ou ailleurs, j’ai le réflexe de demander quelque chose à une instance de l’au-delà. Mais rapidement je me ravise, et au lieu de demander quelque chose à une instance que je ne connais pas, ou à une instance que je connais mais qu’il me semble déranger, j’essaie de rendre hommage à la beauté du monde. J’ai hâte de pouvoir rendre hommage à la beauté de l’ascension de papa dans le grand ciel. Maman, s’il te plaît, viens le chercher.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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1 Response to Jour 1 374

  1. Avatar de Jacques Richer Jacques Richer dit :

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