J’aime beaucoup ma nouvelle série de cinq toiles dont la première, seulement, s’apparente à un Pokémon. Les quatre autres sont des toiles abstraites dans lesquelles on peut discerner sans trop se forcer –mais ce n’est pas voulu– des paysages de type montagne sous un coucher de soleil. Les toiles sont construites sur le thème de la rencontre de motifs, en ce sens que les lignes, les lignes sages à la manière de Jenny Kemp, côtoient des masses indéfinies d’inspiration mosaïque. Quand j’ai eu terminé la troisième mosaïque, sur la troisième toile, je me suis rendu compte que la forme de la masse reproduisait celle de la chienne de Denauzier, une schnauzer. Sur le coup, la naïveté qui se dégage de la toile et la ressemblance avec une chienne m’ont contrariée, mais assez rapidement j’ai décidé d’accepter mon style enfant d’école, moi qui suis la première à dire, de toute façon, que je me sens bien souvent comme si j’avais six ans. J’ai montré les toiles à Denauzier qui les a aimées –et qui a reconnu du premier regard la référence –accidentelle– à sa chienne. Avec du ruban à coller, épais et solide, que nous avons appliqué à l’endos des toiles, sur le cadre de bois arrière, nous avons créé une série qui se lit à la verticale et nous avons installé la série verticale sur le mur à l’aide d’un clou qui n’attendait que nous, dans le sens qu’il était déjà planté là et qu’il ne servait à rien. Il s’agit d’un pan de mur étroit qui est parfait pour recevoir ces toiles de petite dimension. En après-midi du même jour, nous sommes partis en moto à une fête surprise, dans les environs de Vaudreuil-Dorion, et ne sommes rentrés que tard le soir, passé minuit. La belle série reposait, disloquée, sur le plancher, mais heureusement la chienne n’a pas été tentée d’en mordiller des morceaux.
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