Donc, je suis en retard d’un texte parce qu’après le taboulé et la bière aromatisée nous sommes allés nous promener en moto.
– Où aimerais-tu aller ?, m’a demandé Denauzier. As-tu des choses à acheter, des endroits que tu aimerais visiter ?
– Hum…, ai-je répondu. Tout me convient. On pourrait se perdre et ensuite essayer de trouver notre chemin ?
– Entendu. Ça adonne bien, j’ai oublié mon GPS. Es-tu prête ? As-tu bien attaché ton casque ma chérie ?
Nous nous sommes retrouvés dans la cour de triage du Canadien Pacifique où, bien entendu, je n’étais jamais allée, mais Denauzier oui.
– C’est ici que je suis venu récupérer le camion qui m’a été livré de Vancouver. Je meurs de soif, a-t-il enchaîné, aimerais-tu boire quelque chose ?
– Hum… peut-être.
– Je voudrais t’apporter (Denauzier ne dit pas amener mais apporter) à l’Orange Julep le long de Décarie. On pourrait boire de la bonne limonade ?
Je ne savais pas comment allaient réagir dans mon estomac des citrons et des oranges acides sur des tomates elles aussi acides. Alors Hum… fut ma seule réponse. Mais Denauzier a l’habitude maintenant de mes réactions vagues, alors en peu de temps nous nous sommes retrouvés sur le lieu des oranges. Comme pour la cour de triage, je n’y étais jamais allée, même si j’habite à proximité, je pensais même que la grosse boule orange était en attente de démolition.
– Est-ce qu’on s’achète quelque chose et qu’on le boit à deux comme on fait d’habitude ?
– Oh ! oui ! (nulle hésitation, pour une fois).
– Et qu’est-ce qu’on boit ?
– Hum… ce qu’ils appellent leur spécialité ? Du jus d’orange mélangé à de la crème glacée ?
– OK.
Aussitôt énoncé, aussitôt commandé (j’exagère car il y avait une longue file de clients devant nous).
Nous avons bu le mélange acide/basique –j’ai beaucoup aimé mais Denauzier lui a trouvé une saveur trop forte de crème glacée à la vanille– en faisant le tour de l’orange et en nous arrêtant pour regarder de plus près les vieilles voitures qui garnissaient la place. Chose étrange, les gens apportent leurs chaises pliantes et s’installent à côté de leur voiture pour y passer apparemment la soirée. C’est très vivant, super multiethnique, grouillant et bruyant. Quand est venu le temps de rentrer, il était passé 22 heures, Denauzier nous a dirigés vers la moto mais j’ai émis une onomatopée :
– Hum…
– Qu’est-ce qu’il y a chérie ?
– J’aimerais m’asseoir une minute ou deux sur un banc –que je désignais du doigt– avant de quitter.
Nous y sommes allés et, sitôt assis, notre activité fut de nous embrasser tendrement. Ce fut délicieux.
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