Étant donné que nous ne nous connaissons pas tellement, même si nous sommes à la veille de nous marier et d’habiter ensemble, Denauzier et moi faisons des blagues pour nous apprivoiser. C’est un peu dans cet esprit que je lui ai proposé, un matin, de manger de l’orge mondé. Plus récemment, c’est-à-dire hier soir au téléphone, comme nous parlions de voyage de noces éventuel en raison de mes cinq jours de congé offerts par l’université, il a été fait mention du coût de ces vacances qui s’ajouterait au coût de nos alliances. Pour niaiser, comme je le fais souvent, j’ai proposé de partir en camping, puisque nous avons une tente, et de ne pas payer pour un terrain.
– Nous pourrions planter la tente sur un terrain vague, ai-je suggéré, au hasard de nos déplacements.
Denauzier a interprété la notion de terrain vague à sa façon en me répondant ceci :
– Serais-tu capable de camper dans le parc de La Vérendrye avec les mouches noires ?
– Je ne serais pas très bonne pour t’aider à monter la tente, ai-je répondu en escamotant la question des mouches noires. Nous pourrions peut-être aller chez tes amis en Abitibi ?, ai-je ajouté.
– Chérie, a répondu Denauzier, et j’ai adoré sa réponse, nous allons commencer par nous marier, par aller souper après le mariage avec nos invités, et pour le reste, on verra en temps et lieu.
– Je ne peux pas demander mieux, ai-je répondu à mon tour. Une chose à la fois. J’achète ça.
– Et nous allons fonctionner comme ça, une chose à la fois, pendant ces vingt-cinq prochaines années. Ça te va ?
– Tope là !, me suis-je exclamée.
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