Deux de mes toiles sont installées sur les murs de la maison de Denauzier. J’ai peine à croire que c’est moi qui les ai peintes. Déracinées de leur lieu d’origine (mon appartement de Montréal), elles semblent attendre l’arrivée de frères et de sœurs qui n’existent pas encore, qu’il me reste à créer. Comme je serai immergée dans un environnement pas mal différent, vais-je me mettre à peindre selon un style différent ? Difficile de répondre puisque je n’ai pas même de mots pour décrire mon style jusqu’à maintenant. Naïf et primitif sont les deux premiers mots qui se manifestent à mon esprit. Je regarde des toiles ici et là sur Internet et il me vient l’envie d’essayer de les imiter. Ce pourrait être une manière de m’éloigner de la naïveté et du primitivisme pour me définir autrement. Mais chassez le naturel et il revient au galop. J’aime la toile en photo-vedette, très appliquée, sage, pas du tout éclatée, qui pourrait être mon premier projet d’imitation. J’y vois une cigogne, la tête (en gris rosé) appuyée sur celle de son bébé (en vert), il s’agit d’un bébé qui a une grosse tête. Les deux volatiles sont enveloppés d’un châle aux rayures multiples. Ils se lovent tendrement. Mais j’imagine qu’il en est tout autrement dans l’imaginaire de Jenny puisque la toile s’intitule Vices. C’est à n’y rien comprendre. Cela me fait penser à la manière dont j’ai décrit une de mes toiles, il y a longtemps, en faisant référence à une patate de l’Île-du-Prince-Édouard, jour 1 740. J’ai beau vanter ma plume agile et trouver que j’écris bien, je pense que je n’ai pas ce qu’il faut pour être critique en arts visuels.
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