Où en suis-je de la recherche de ma voie ? J’en suis à ce seul constat : c’est beaucoup plus facile d’exprimer qu’on la cherche que d’en changer. Mais si je ne sais pas où est ma voie, puisque je la cherche, comment puis-je en changer ? Je ne sais pas si je change de voie, mais en tout cas je change de cadre de vie. Je ne travaillerai plus à l’université, je n’habiterai plus la ville, je ne serai plus veuve. Je serai retraitée de l’université, j’habiterai la campagne, je serai mariée. Je partage ce faisant avec Chilly Gonzales la présence d’un défi énorme dans ma vie. Je me fais de Chilly Gonzales l’idée d’un homme qui est stimulé par les défis énormes qu’il se donne. Je le perçois vainqueur, grand, fort, puissant. Je n’imagine pas un seul instant qu’il puisse douter de lui, de ses capacités. Il est un surhomme en contrôle de tout, tout le temps, depuis toujours. Tant mieux pour lui, suis-je capable d’écrire aujourd’hui, alors qu’autrefois, dans une vie plus jeune, je lui en aurais voulu d’être si fort, et de me faire sentir si faible. J’en reviens à ce que j’ai écrit il n’y a pas tellement longtemps, en d’autres mots : ce n’est pas si grave d’être faible, l’important c’est d’apprendre à grandir et de néanmoins s’épanouir avec cette faiblesse. Et ce que j’appelle faiblesse n’en est peut-être pas. C’est plutôt de la peur, à l’heure actuelle.
Il n’empêche que tout n’est pas perdu : je considère comme une des réussites de ma vie le fait d’avoir éduqué ma fille sans lui inculquer la peur. Ça doit vouloir dire que je ne suis pas si faible.
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