Non seulement je prends ma retraite le 1er juillet, mais, aussi, Denauzier et moi allons nous marier. Le 21 mai. Cela m’amène à aborder le sujet des bijoux et des dates. Les bijoux d’abord. À partir du 21 mai, je vais porter deux bijoux en permanence, à savoir mon bracelet médical sur lequel il est gravé que je porte une valve mitrale mécanique et que je prends du Coumadin (c’est gravé en petits caractères), et bien entendu la belle bague. Denauzier va porter quant à lui un anneau qui, je trouve, lui va très bien. Comme une image vaut mille mots, je les publierai en photo-vedette une fois que nous serons mariés. Je porte des boucles-d’oreilles, aussi, mais il m’arrive de changer. J’ai porté plusieurs mois sans les enlever celles que Denauzier m’a offertes en septembre dernier. Maintenant que le beau temps est arrivé et que nous faisons de la moto, je porte une autre paire de boucles-d’oreilles, plus petite, qui m’écorche moins la peau quand je mets et que j’enlève le casque de moto. Auparavant, j’ai porté plusieurs années la même paire d’anneaux en or que porte maintenant Emma. J’ai déjà écrit tout ça, alors je m’arrête là. À propos des dates, voici ce qu’il y a à exprimer. J’ai fait la connaissance intime de François, cela veut dire que nous avons échangé notre premier baiser, le 22 octobre 2008. Peu de temps après, François a programmé des invitations perpétuelles que je reçois le 22 de chaque mois dans Outlook, que je reçois encore maintenant, pour m’inciter à avoir une tendre pensée pour Sainte-Élodie, une pauvre martyre du IXe siècle, dont on souligne l’anniversaire le 22 octobre. Quand nous en sommes venus tout récemment aux arrangements de notre mariage, Denauzier a proposé la date du 22 mai parce qu’il fallait que ce soit un vendredi, idéalement en mai, et il fallait que se soient écoulés les vingt jours de la publication des bans. Sur le coup, je n’ai pas réalisé que j’allais perpétuer l’hommage fait au 22. Mais le notaire n’était pas disponible le 22, alors nous allons nous marier le 21 mai. Sur le coup, encore une fois, je n’ai pas réalisé que c’est le jour du décès de maman, presque à pareille date l’an dernier. Que dois-je penser de cette juxtaposition d’événements ?
– Tu ne crains pas que ce ne soit pas gagnant ?, m’a demandé Denauzier un peu inquiet.
– Je pense au contraire que je me rapproche ainsi de ma mère, ai-je répondu. Je n’ai pas été capable d’avoir une relation avec elle du temps qu’elle était vivante sur terre, alors je me dis que nous allons peut-être réussir à développer une autre forme de relation maintenant qu’elle est vivante dans le ciel.
– On verra, a répondu Denauzier, un peu rassuré.
– On verra, ai-je renchéri, plutôt contente de me confronter moi-même au phénomène de la foi.
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