Jour 1 414

L'hoya avait donné trois superbes fleurs.

L’hoya avait donné trois superbes fleurs.

Étant donné que je vais quitter dans deux mois ma vie telle qu’elle se décline depuis des années, à Montréal et à l’université, je me suis adonnée à un mini-pèlerinage hier soir après le travail. J’ai marché jusqu’à la maison en empruntant les rues de mon ancien quartier, du temps qu’Emma n’était pas encore née. Cela consiste à descendre la rue Queen-Mary jusqu’à Cedar Crescent. Dès que j’arrive sur Cedar Crescent, c’était vrai autrefois et ça l’est encore maintenant, je me sens protégée et enveloppée par les amples branches des arbres qui surplombent la rue. J’observe les façades des maisons et je me demande, c’était vrai autrefois et ça l’est encore maintenant, si les gens y sont heureux, s’ils se sentent chez eux comme dans un cocon. Je me demande parallèlement si, une fois chez moi, je vais me sentir comme dans un cocon. La réponse est oui, je me sens chez moi, à Notre-Dame-de-Grâce, comme dans un cocon au confort cependant modéré compte tenu de mes finances. À l’angle de Cedar Crescent et de la rue dont je ne me rappelle plus le nom, je prends la ruelle qui m’amène à la rue Grosvenor, où j’ai habité pendant quatre ans. Ce fut la première maison d’Emma. Elle dormait dans la tourelle, adjacente au salon. Sur une tablette, près de la tourelle, j’avais déposé un hoya qui avait donné trois superbes fleurs, peu avant la naissance de chouchou. J’avais dit à Jacques-Yvan que j’y voyais le signe que nous aurions trois enfants. Projet ambitieux pour une femme qui accouche de son premier enfant à 37 ans ! Comme les rues sont légèrement inclinées dans cette portion de Westmount, j’ai commencé à avoir chaud et j’ai enlevé mon manteau. Ayant enlevé mon manteau, j’ai maintenu un bon rythme de marche pour ne pas risquer de prendre froid. De fil en aiguille, mon mini-pèlerinage s’est transformé en marche de santé pour tester mes excellentes et nouvelles capacités cardiaques. J’ai adoré que le temps présent (marcher pour ma santé) l’emporte au bout d’un moment sur le ressassement, pourtant agréable, du temps passé.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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