Jour 1 450

Depuis que j’ai ciré mon plancher de cuisine pour obtenir le résultat que nous connaissons, je suis à la recherche d’une polisseuse électrique. J’ai essayé de polir une tuile à la main avec un chiffon doux, mais après dix secondes je me suis rendu compte que je perdais mon temps et que, si je m’entêtais, j’aurais mal au bras.
– As-tu appliqué une cire qui se polit ?, me demande Denauzier.
Comme je n’en ai aucune idée, en fait je pensais que toutes les cires se polissaient, je suis allée lire l’étiquette, sur le contenant. Il n’y est pas fait référence à un polissage après séchage. Je serais quand même curieuse d’essayer, pas tant pour obtenir un plancher plus reluisant que pour la satisfaction de l’avoir essayé. Parfois, l’esprit scientifique, en moi la littéraire, me pousse à aimer ainsi expérimenter.
Cela me fait penser au film des frères Dardenne, que je viens de voir au ciné-répertoire, Deux jours, une nuit. Sandra, le personnage principal, approche un à un les employés de son usine pour tenter de les convaincre de ne pas voter pour son licenciement. Elle dispose du week-end pour les rencontrer. Le vote aura lieu le lundi matin première heure au travail. Ce n’est pas tant le résultat de sa démarche qui importe –conservera-t-elle ou non son emploi–, c’est le simple fait d’en relever le défi. Pour la polisseuse c’est pareil. Ce n’est pas tant le résultat du beau plancher débarrassé des traces d’orteils qui m’importe, c’est le simple fait de pouvoir dire, une fois que je l’aurai testé, que la polisseuse aura, ou non, donné des résultats. Ça marche, ou ça ne marche pas.
– Ça ne marche pas, m’a dit mon beau-frère.
Les deux défis, celui de Sandra et celui de Lynda, bien entendu, ne se comparent pas. Polir les tuiles, tranquille dans ma cuisine, ne représente aucune difficulté. Ça prend juste de la patience. Et une polisseuse. Rencontrer des collègues récalcitrants –mais certains sont gentils–, c’est une autre paire de manches.
En fin de compte, le film consiste à accompagner Sandra dans son épreuve. Comme elle se remet d’une dépression et qu’elle est encore fragile, l’épreuve s’avère encore plus grande. Je me suis prêtée au jeu dès le début du film et j’ai accompagné Sandra.
Une fois le film terminé, et de retour à mon bureau, je me suis retrouvée seule avec le défi du texte d’aujourd’hui.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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