Jour 1 454

C’est amusant d’apprendre sur Wikipédia que le Docteur Jivago a été tourné essentiellement en Espagne, à la grosse chaleur, à tel point que les acteurs devaient se faire remaquiller toutes les deux minutes parce qu’ils transpiraient ! Quelques extraits du film, il est vrai, ont été tournés en Finlande et en Alberta. Ce sont peut-être les scènes dans lesquelles Jivago, glacé, traverse la vaste plaine dans la plus grande adversité. Est-ce que je devrais considérer que, pleurant toutes les larmes de mon corps, quand j’ai vu le film au cinéma Joliette, je me suis fait avoir, je me suis laissée berner par un univers de papier, de cire et de carton-plâtre ? Je dirais que non. L’important c’est d’avoir pleuré et d’en avoir retiré une forme de catharsis. Cela me fait penser au film 13 ans bientôt 30 qui m’a fait vivre une catharsis lui aussi, il y a une dizaine d’années. Emmanuelle ne comprenait pas que je puisse pleurer autant pour une comédie fleur bleue –ou à l’eau de rose–, ni moi non plus. Je pleurais tellement que j’en avais le hoquet. Papa, car nous avions écouté le film chez lui, me regardait en se demandant s’il ne devait pas s’inquiéter sérieusement. Quand j’ai revu des extraits du film, cet hiver chez Denauzier, je n’ai rien ressenti qui eût pu me faire couler une larme. C’est bien pour dire. Ou encore cet autre film, La femme d’à côté, de François Truffaut. Quand je l’ai vu la première fois au cinéma Cartier, à Québec où j’habitais, je suis sortie dévastée de la salle, incapable de parler pendant de longs coins de rue, envahie par la conviction profonde qu’il ne me serait jamais donné, dans ma vie, de vivre un amour aussi fulgurant que celui de Fanny Ardant et de Gérard Depardieu. Quand j’ai revu le film plus récemment dans ma vie, Fanny m’est tombée sur les nerfs avec ses airs gravissimes et son accent indéfinissable, et j’ai préféré la personnalité guillerette de Michèle Baumgartner, qui joue le personnage de la femme de Gérard. Je pense que pour le film 13 ans bientôt 30, c’est le thème sous-jacent du film, à savoir la pureté de l’adolescence, qui m’a fait tant d’effet. Je pourrais avancer que c’est parce que je n’ai pas honoré cette pureté dans ma propre adolescence que j’ai tant réagi. Aurais-je tant pleuré pour évacuer un gâchis ? Honnêtement, je n’en sais rien.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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