J’ai rêvé la nuit dernière que je m’effondrais. J’étais au travail, je sentais subitement que la vie allait me quitter dans les prochaines secondes. Je trouvais la force et j’avais le réflexe de faire rouler ma chaise jusqu’à ma collègue, un peu dans l’idée de ne pas mourir seule, un peu dans l’idée de recevoir des soins si c’était encore possible. Autrement dit, je m’en remettais à autrui, je m’en remettais au bon vouloir d’une instance supérieure, si on peut dire ça. Je ne pouvais pas pratiquer plus que ça le « Bof, je vais me laisser porter (rouler) et on verra ce que ça va donner », en lien avec le texte récent du jour 1 479. Bien que toujours assise sur ma chaise à roulettes, je m’écrasais sur le dos de ma collègue au terme de mon déplacement de disons dix pieds entre son cubicule et le mien. Or, elle semblait elle-même pétrifiée ou glacée, elle ne m’enlaçait pas, ne m’aidait pas, ne ressentait pas l’envie de m’encourager, ne m’adressait pas un seul mot. Elle restait droite comme une barre de fer à me tourner le dos et à regarder l’écran de son ordinateur. Je me demandais si elle était fâchée, si elle m’en voulait, si le contact –et le poids !– de ma personne lui étaient désagréables, mais peu importe les hypothétiques réponses à mes questions, je ne pouvais plus bouger. J’avais pratiquement atteint le niveau zéro de la vie sur terre. Il était trop tard pour me soucier de la réaction de ma voisine. Il était trop tard pour tout. Ouille. J’en retiens au moins une chose, pour l’instant, c’est que si j’ai besoin d’aide, je vais essayer de trouver quelqu’un qui peut m’aider véritablement !
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Badouziennes
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