Jour 1 489

Je viens de rajeunir de dix ans. J’ai retrouvé un film sur DVD que j’ai fait à l’été 2005 pour souligner les 75 ans de papa. J’avais loué une caméra au service audiovisuel de l’université pendant un week-end. Je l’avais trimbalée partout pour aller voir ses frères et sœur et mes frères et sœur et enregistrer leurs témoignages. Je suis en quelque sorte la narratrice de l’histoire et j’apparais à quelques reprises dans le récit filmé. Je parle tellement lentement que je m’endors moi-même, m’écoutant dix ans plus tard. Je porte de jolies lunettes que j’ai égarées lors de mes déménagements. Deux personnes de la distribution sont décédées. Des belles-sœurs nous ont quittés pour d’autres hommes, d’autres vies. À l’époque, on avait critiqué untel qui n’avait pas témoigné sérieusement, disons, qui avait fait le pitre. J’aurais pu, bien sûr, ne pas lui attribuer autant de secondes d’antenne à mon émission, mais il y a dix ans, cette personne était proche de moi, nous avons fait toutes sortes de choses ensemble, alors il ne m’est même pas venu à l’idée, lors du montage, de lui attribuer une apparition tout simplement courtoise. Aujourd’hui, j’écoute le film et c’est cette personne, avec ses niaiseries, qui me touche le plus, je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que faire des niaiseries, dans mon univers mental, et tout étant subjectif, bien entendu, est un signe de santé, d’optimisme, de bonne humeur. Un pied de nez à la vie qui nous enlève des joueurs.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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