Jour 1 504

Emma a obtenu un excellent résultat à son examen de physique. Et elle a lu Salut Galarneau ! d’une traite pour son cours de français. Mon esprit n’est pas fabriqué pour comprendre aisément les concepts de la physique, mais il m’est arrivé de lire des romans d’une traite, le dernier était Lignes de faille de Nancy Huston, pendant des vacances d’été. Là où je veux en venir avec cette comparaison, et il est bon que je le précise car personne ne peut le deviner, c’est que j’envie la jeunesse et la forme physique d’un corps, celui de ma fille en l’occurrence, qui n’a que dix-huit ans d’existence ! Parce qu’il a plus d’années d’existence, mon corps me joue des tours. Je ne peux plus lire pendant des heures et écrire une dissertation à la suite, sans transition, comme je le faisais dans la vingtaine. Je me rappelle avoir lu Les mots, de Sartre, dans la grande chambre qui était la mienne à Québec, boulevard St-Cyrille, toute une soirée et toute une nuit. Et m’être dit, je l’avoue, que j’aurais dû commencer le livre avant, pour pouvoir l’absorber à petites doses ! Avoir eu un professeur de physique qui a de l’allure, j’aurais peut-être mieux compris les notions élémentaires qui nous ont été enseignées quand j’étais en secondaire 5. À l’époque, et c’est bien malheureux qu’il en ait été ainsi, je me laissais facilement influencer. Toutes les filles autour de moi disaient que la physique c’était impossible à comprendre, alors je me laissais porter par le flot de l’impossible à comprendre. Emma n’est pas comme ça. Elle a un esprit véritablement ouvert. Elle laisse venir à elle l’information, sans crainte, sans se laisser influencer par les préjugés, les idées préconçues, les rumeurs, les paroles vides de sens. Elle se crée ensuite sa propre opinion. Pour en revenir à Ingrid Betancourt, je dirais qu’Emma est un peu, et même beaucoup, la personne que j’aurais aimé être, avoir été capable de me dissocier davantage des mauvais plis qui avaient cours dans mon environnement d’autrefois. Cela étant, je devrais tenir compte de ceci : j’y suis peut-être pour quelque chose dans la capacité qu’a ma fille d’exercer librement sa pensée. Je l’ai éduquée de manière à ne jamais la brimer. Même s’il ne faut jamais dire jamais !

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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2 Responses to Jour 1 504

  1. Avatar de Jacques Richer Jacques Richer dit :

    A+

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  2. Avatar de Badouz Badouz dit :

    Je comprends, A+ dans le sens de B-, admettons, et non dans le sens de À plus tard. 🙂

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