Je ne disserterai pas longtemps sur l’état qui était le mien hier, l’état très fragilisé de ma machine physique. Après avoir dormi dix-huit heures en ligne, je me sens un peu mieux. Mais, prudente, j’ai décidé de consacrer le week-end au repos. Comme ça arrive souvent quand je m’accorde un temps d’arrêt que je ne pouvais plus différer, j’envisage la vie sous un jour nouveau, une fois derrière moi le cauchemar de l’extrême fatigue. Je ne dirais pas que je me lance dans les résolutions, mais je fais un réel effort pour vivre différemment, c’est-à-dire en prenant mon temps et en cessant de tourner les coins rond. Dans cette veine, en partageant tout à l’heure avec moi-même le délicieux poulet que j’ai cuisiné cette semaine, j’ai entrepris de nettoyer de leur colle les crayons khôl que j’ai achetés récemment, de la marque Rimmel. J’ai acheté deux bâtons, un blanc (Pure White, no 071) et un couleur peau (In the nude, no 213). Autrefois j’achetais des couleurs foncées. Maintenant, pour créer un effet de légèreté à mes traits descendants, j’achète des couleurs pâles. Aujourd’hui, me sentant j’imagine mi-jeunesse mi-vestige, j’ai tracé une première ligne brune sur ma paupière, que j’ai agrémentée d’une ligne blanche par-dessus. Pour empêcher que les crayons soient essayés et par le fait même débouchés, aux étalages du Pharmaprix, il y avait du papier scotch qui retenait les bouchons aux crayons. La plus mauvaise idée, à tel point que j’ai failli ne pas les acheter. Donc, zen de mon sommeil récent, je me suis lancée, pendant que je mastiquais, dans le nettoyage. J’en ai profité pour lire calmement, sans vouloir me débarrasser, toutes les informations qui apparaissent en caractères minuscules sur mes crayons. J’ai appris beaucoup de choses. Le blanc est fabriqué en Italie, le couleur peau en Allemagne. L’un et l’autre ont une durée de vie de 30 mois. Le blanc contient 1.2 g de pâte khôl. Le peau 0.28 g seulement. Une question se presse aussitôt à mon esprit : la pâte blanche est-elle plus lourde que la pâte peau ? J’ose le penser. Les mines ont la même circonférence quand je les compare. Si elles ont des poids et des densités égaux, ça veut dire qu’il n’y a pas long de couleur peau dans le crayon ! Les informations du blanc ne sont pas traduites en plusieurs langues, mais celles du couleur peau le sont. D’où il ressort que les informations sur le couleur peau sont écrites en plus petits caractères encore que sur le blanc. Je suis tombée, dans l’amas de petits caractères, sur une flèche qui a attiré mon attention en dirigeant mon regard vers l’extrémité du crayon pour découvrir qu’il est assorti d’un taille-crayon ! En effet, on peut y lire ceci : sharpener/sacapuntas/taille-mine/spitzer —> Et le taille-mine, en outre, est assorti d’un petit bout d’éponge pour estomper les tracés trop prononcés ou pour marier les couleurs. En résumé, ça valait la peine de lire les informations, mais je n’y aurais pas pris plaisir n’avoir pas eu mes lunettes unifocales conçues pour lire au près. Avec tout ça je n’ai pas parlé, car je comptais le faire, de mes rouges à lèvres, ceux que j’essaie de liquider moyennant une utilisation soutenue, qui n’est jamais soutenue, finalement. Ce sera pour une prochaine fois.
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