Jour 1 518

J’ai rêvé tôt ce matin que j’étais en bicyclette avec deux autres personnes. Comme ça arrive souvent dans ma vie éveillée, parce que je ne suis pas assez rapide et pas assez forte pour suivre le flot, j’étais la dernière du lot de trois. Ma sœur était peut-être une des deux autres cyclistes. À la vitesse teuf teuf qui était la mienne, je rejoignais mes compagnes de route qui s’étaient immobilisées. Je me demandais pourquoi elles n’avançaient pas lorsque, arrivée à l’endroit exact où elles s’étaient arrêtées, et dont elles étaient reparties, j’ai compris : la pente descendante était excessivement raide. Devant moi s’élevait un tunnel creusé à même le roc, très grand et majesteux malgré son allure brute, que je trouvais très beau. Le tunnel formait une sorte de coude, donc je ne voyais pas les véhicules qui s’apprêtaient à en sortir, mais je recevais la lumière de leurs phares sans être aveuglée pour autant. J’adorais ce lieu. J’en admirais la force colossale lorsque je me suis rendu compte que j’étais happée par la pente vertigineuse, sans préparation. À ce stade du récit, on peut déjà penser que ma sœur, qui s’était arrêtée, faisait preuve de plus de prudence et de prévoyance que moi. Ainsi lancée dans la folle descente et en équilibre précaire sur mes roues qui glissaient sur le sable et le gravier, je me disais que si je devais tomber et mourir, au moins j’allais mourir dans un bel environnement. Je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle entre Denauzier –force colossale– et moi –force minimale. Je me dirigeais sans retenue, sans possibilité de freinage, dans l’ouverture du tunnel. J’étais aspirée et j’allais découvrir seulement rendue sur place, dans le roc, ce qui m’attendait.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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