Mince alors. J’arrivais à l’angle de la rue Monkland et Wilson, après ma journée de travail, quand mon lacet en acrylique orange a cédé à la chaussure gauche. Je me suis rendue à la maison avec une chaussure qui me tenait à peine le pied. Cela peut être interprété de différentes manières. 1) Ma démarche sollicite davantage le côté gauche de mon corps, en ce sens que je soulève ou que j’incline peut-être le pied gauche un peu plus que le pied droit. Cela aura créé une pression allant jusqu’à faire céder le fil gauche. 2) La longueur du fil acrylique que j’ai extrait de la pelote pour lacer la chaussure gauche était peut-être moins bien filée, je veux dire filée industriellement, comme si on pouvait penser qu’il y aurait eu un petit glitch sur la chaîne de production. 3) Les œillets de mes chaussures étaient peut-être plus rugueux, moins bien finis du côté de la chaussure gauche et cela aura eu un effet abrasif sur les fils. 4) J’ai peut-être marché sans m’en rendre compte sur les fils de mes boucles, je me suis peut-être accroché les pieds quelque part dans la journée et cela aurait abîmé le fil gauche. J’écris peut-être dans les deux phrases précédentes parce que je ne me rappelle pas m’être marché sur les boucles ou m’être accrochée quelque part.
– Que penses-tu de mon déguisement pré-Halloween ?, ai-je demandé à Emma en arrivant au restaurant.
– Nice, a-t-elle répondu, en sortant déjà son iPod parce qu’elle me connaît et qu’elle ne jugeait pas nécessaire d’attendre que je lui demande de me prendre en photo.
– Vous photographiez le tapis ?, nous a alors demandé, intrigué, le propriétaire du restaurant.
– Les chaussures sur le tapis, ai-je précisé, craignant qu’il n’exige des droits d’auteur ou quelque redevance pour l’utilisation du tapis.
J’allais ajouter que nous n’avions sur la photo aucun élément qui aurait permis de reconnaître le restaurant, lorsqu’il nous a dit, en souriant, et dans un français approximatif, que si je portais à nouveau mes chaussures surprenantes –c’est le mot qu’il a utilisé– vendredi demain jour de l’Halloween, il allait me servir gratuitement de la soupe à la courge. Je pense qu’il voulait dire de la soupe à la citrouille. Comme je serai à l’extérieur de la ville demain vendredi, mais au travail quand même, donc ce sera un jour d’écriture de blogue, j’ai proposé au propriétaire que ma fille se déplace pour me représenter, munie bien entendu de chaussures Halloween elle aussi. Le problème c’est qu’elle est très occupée, comme tout le monde le sait, alors elle ne savait pas encore cet après-midi vers 16 heures, s’il lui serait possible d’honorer l’invitation du restaurateur. À suivre demain, 31 octobre.
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Badouziennes
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Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
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Nous, scientifiques, considérerions aussi les possibilités suivantes: 1) l’action de la force de Coriolis sur tes souliers, force qui dépend du mouvement et des rotations du corps que tu as pu faire au cours de tes divers trajets; une asymétrie accumulée entre les deux sens de rotation aurait provoqué l’usure d’un côté plus que de l’autre; 2) le temps d’écrire la première hypothèse, j’ai oublié la seconde. Ça ne devait pas être bien important.
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