Je m’y suis prise d’une manière plus intelligente ce matin. Je me suis acheté un capuccino de grand format au Starbucks de la rue Monkland. J’ai déjà laissé entendre, dans un texte maintenant ancien, que je m’achète régulièrement un café le dernier jour de la semaine. Ce n’est pas vrai, j’ai fait cela peut-être trois ou quatre fois. Ça coûte trop cher. Mais ce matin je n’ai pas été regardante sur la dépense. J’ai transporté mon capuccino au travail en le tenant d’une main. Je l’ai déposé à côté de moi sur le banc du quai et je ne l’ai pas oublié quand je me suis levée pour prendre le métro. Je n’y ai pas goûté en cours de trajet, me disant que j’allais, comme d’habitude, soit me brûler la langue, soit en échapper sur moi. L’autre matin, plutôt que de m’y prendre intelligemment, j’ai déposé dans mon sac ce que je pensais être un thermos étanche, qui n’en était pas un. À mon arrivée au bureau, le contenu du sac trempait dans le café, incluant ma trousse de maquillage et incluant mon carnet de notes tout usage qui me sert autant pour prendre des notes au travail que des notes au cours de photo. Le carnet est rendu deux fois plus épais, maintenant qu’il a séché. Il y avait dans le sac, en outre, un t-shirt que j’offrais à Ludwika, alors je le lui ai donné trempé de café. C’est comme pour les bottes que je porte trop grandes et dans lesquelles mes orteils se frottent à des coutures de cuir. À force d’être pressée par le temps et par la vie, je fais les choses approximativement, sans réfléchir, sans regarder. J’enfile des bottes trop grandes, en ne prenant pas le temps d’enfiler d’abord une deuxième paire de chaussettes qui comblent juste comme il faut l’espace en trop. C’est comme pour les repas que je mange froid, sous prétexte que je n’ai pas le temps d’aller les faire chauffer. Je m’adapte à des inconforts plutôt que de prendre trois secondes pour me traiter convenablement.
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Badouziennes
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