Jour 1 552

Il portait un chapeau de cowboy

Il portait un chapeau de cowboy

Le texte d’hier me fait penser à un passage du film Un homme et une femme. C’est normal que j’y revienne à l’occasion, pour l’avoir écouté des dizaines de fois avec papa, mais j’avoue ne pas me rappeler du dialogue. C’est au cours du premier trajet que font Anne Gauthier et Jean-Louis Duroc en voiture entre Deauville et Paris. Il me semble qu’Anne/Anouk exprime simplement qu’une rencontre c’est somme toute banal. Deux personnes font connaissance. Cela arrive tous les jours. Les villes sont peuplées de couples qui arpentent les rues. C’est la manière dont on crée la vie une fois que l’on s’est rencontré qui fait toute la différence. Je ne vois pas pourquoi j’écris cela puisque tout le monde le sait. Tout le monde ne sait pas cependant que Jean-Louis n’a pas aimé tant que ça être le partenaire d’Anouk, dans le film, la disant froide, ou désintéressée (aloof).
Aujourd’hui, sortant de mon environnement –maintenu en permanence sous haute surveillance– pour aller boire de l’eau à la fontaine, je suis tombée sur une personne qui m’a beaucoup plu. Un homme, dans la trentaine voire proche quarantaine, de peau noire, debout, appuyé à une colonne. Sa fille, de cinq ou six ans, jolie comme tout, debout aussi, se tenait la tête inclinée vers l’arrière pour le regarder et lui parler. Il portait un chapeau de paille attaché sous le menton, comme en portent les enfants qui jouent au cowboy. Peut-être le chapeau de sa fille. Mon regard a été attiré par le chapeau. Pour y voir de plus près, je me suis faufilée entre les étudiants dans sa direction. Quand sa voix m’est devenue audible, j’ai été frappée par sa douceur, je veux dire la douceur de la voix, et l’intérêt décontracté qu’il portait à sa conversation avec sa fille. Je suis retournée boire je dirais une bonne heure plus tard. Les deux personnages de mon film imaginaire étaient toujours au même endroit, dans la même position, attendant patiemment leur tour de rencontrer un conseiller de l’aide financière. Le couvre-chef toujours à la même place, sur la tête du papa.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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