Trois lecteurs assidus m’ont fait part de leur frustration de n’avoir rien à se mettre sous la dent en ce qui concerne mon nouvel amoureux. Une lectrice amie m’a même dit que j’étais plate. Je ne le lui ai pas dit, mais j’ai pris sa remarque comme un compliment parce que je n’aimerais pas avoir une grosse poitrine.
Par égard pour sa nature discrète en matière de vie sentimentale, je n’ose pas décrire, ne serait-ce que poétiquement, l’élu de mon cœur et les sentiments qu’il éveille en moi. Je peux néanmoins exprimer certaines choses qui se sont produites dans sa maison, ce sera déjà ça, bien qu’il s’agisse de choses me concernant.
La première chose a trait à son grille-pain. J’ai passé une ou deux minutes attentives à le chercher dans sa cuisine, et même dans le prolongement de la cuisine où se trouve un comptoir pas trop encombré, et je ne l’ai pas trouvé. Pas parce que la cuisine et le comptoir sont si à l’envers, mais parce que je n’ai pas d’yeux pour voir, depuis un certain temps. Donc, il a fallu que je lui demande où était le grille-pain, et il me l’a montré, bien en vue sous une armoire, et qui plus est de grand format. La deuxième chose est reliée à une prise de courant que j’ai cherchée attentivement encore une fois dans ce qu’on peut appeler la salle de lavage, au sous-sol. Pas de prise de courant. J’ai trouvé cela curieux puisqu’il venait de me dire que je pouvais repasser mon linge dans cette pièce et, forcément, y brancher le fer. Quand mon chéri est venu vérifier si tout allait bien pour ma séance de repassage, il m’a trouvée dans le corridor en train de repasser ma robe, étonné que je n’aie pas vu la prise qui occupe le centre d’un mur et qui, avoir été un ours, m’aurait mangée. Je n’ai pas d’yeux pour voir, je n’ai que des mains pour cajoler et des lèvres pour tendrement embrasser.
-
Badouziennes
Textes antérieurs
Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
Catégories