Pas de Peter Shampoo sur mon trajet pour me rendre à l’hôpital ce midi, il faut dire que j’avais le nez dans le journal Le Devoir. Mon RIN est bas mais dans les valeurs acceptables. Pas besoin de retourner me faire piquer le doigt avant le mois prochain. J’envisage sérieusement me faire piquer le doigt à la pharmacie, les prochaines fois, ça ne coûte presque rien et ça prend trois minutes, au lieu de deux heures et demie.
Les deux hommes sont frères. Celui qui n’est pas mon homme était au volant, debout, car assis il aurait été derrière le pare-brise, or ce dernier était dégoulinant, alors c’était mieux d’avoir le visage directement dans le crachin en se tenant debout pour y voir néanmoins trois fois rien. Mon homme à moi était debout aussi, éclairant la surface de l’eau avec une lampe frontale qu’il ne portait pas au front mais qu’il tenait d’une main, balayant la surface de l’eau de gauche à droite. Frontale ou pas frontale, cependant, l’hélice s’est coincée entre des grosses roches et c’est à ce moment-là que ma voisine de banquette, la femme du conducteur, m’a dit qu’elle ne s’inquiétait pas. Je regardais les deux frères debout l’un à côté de l’autre, imposants de stature, et je ne m’inquiétais pas non plus. Celui qui était au volant a dit tabarnak, à un moment donné, de la voix qu’aurait un client timide commandant un café dans un restaurant. Les costauds de cette famille sur laquelle je suis miraculeusement tombée ont le cœur sensible et la voix douce.
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Badouziennes
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