Demain je retourne me faire piquer le doigt à l’Hôtel-Dieu. J’ai prévu avoir de l’argent sur moi, contrairement à l’habitude, des fois que je rencontrerais l’artiste Peter Shampoo. Son dessin, acheté le jour 1 560, me tient compagnie au bureau, punaisé depuis aujourd’hui sur un mur avec l’aide de Ludwika qui a le compas dans l’œil plus que moi.
Entre les jours 1 561 et 1 560, il s’est passé un certain nombre de choses puisque j’étais en vacances. Alors que dans ma vie au travail il ne se passe des choses dignes de mention que le matin, lors de mon trajet entre la maison et l’université, ou le soir, il s’est passé des choses en masse à différents moments de mes trois semaines de vacances, qu’il se soit agi du jour, du soir ou de la nuit.
L’épisode qui m’a le plus marquée, dans le sens qu’il m’a enchantée, est celui de la promenade en bateau, toute récente, que nous avons faite sur le lac Moyre, au nord de St-Michel-des-Saints, dans la noirceur presque totale, sous la pluie, avec un léger voile de brouillard à la surface de l’eau. Comment conduire un bateau à moteur dans de telles conditions nocturnes ? Comment se dépatouiller quand l’hélice se coince entre des roches ?
– Je ne m’inquiète absolument pas, Lynda, m’a dit la dame qui était assise à côté de moi, sur la banquette arrière. Nos hommes vont nous arranger ça.
Nos hommes, effectivement, à savoir elle le sien et moi le mien, ont fort bien arrangé ça.
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Une autrice illustrement inconnue !
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