L’heure est au mouvement de la Nouvelle Vague, puisque nous sommes rendus à la lettre N. Sans surprise, il y a des vagues dans le foulard. Jean-Luc Godard, le premier cinéaste qui vient à mon esprit quand il est question de la Nouvelle Vague, porte des lunettes à grosse monture noire. J’y suis donc allée pour le sujet parmi ma collection qui portait des lunettes, il n’y en a pas beaucoup, et la monture ici n’est pas aussi massive que je l’aurais voulu.
Le 17 juin dernier, à peu près à pareille heure, je recevais un coup de fil de l’Hôtel-Dieu m’annonçant que mon opération aurait lieu le 19 juin tôt le matin. J’étais invitée à tout quitter drette là pour me présenter à l’admission de l’hôpital avant 16 heures. Bien entendu j’ai tout quitté drette là, j’ai fermé mon ordinateur que je ne ferme pratiquement jamais, je me suis rendue à la maison, j’ai ramassé deux trois affaires, presque rien, et j’ai appelé un taxi. J’avais vu le film Paris, quelques mois auparavant, et m’étais dit que le personnage qui doit recevoir une chirurgie cardiaque, et que l’on voit se rendre à l’hôpital dans un taxi, était bien seul dans la vie puisque personne ne l’accompagnait. J’étais aussi seule que lui, finalement, et ça ne me dérangeait pas tant que ça. En fait, je n’étais pas seule, j’étais avec le chauffeur de taxi. Quand, après avoir été admise, je me suis rendue au septième étage où m’attendait une chambre, ou plus précisément un lit dans une chambre à deux, le personnel, un homme et une femme auxquels je me suis adressée, a pris quelques minutes avant de se rendre compte que je ne venais pas visiter quelqu’un, mais bien me faire opérer. Alors que je suis une des plus vieilles employées dans mon service, j’étais une des plus jeunes patientes sur l’étage.
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