Je suis tellement débordée au travail, et absorbée par mille exigences de la vie, et abrutie par des contrariétés variées, que j’oublie d’écrire le mot Jour dans le titre du texte précédent, 1 619. Je pense que c’est la première fois que ça arrive en pas loin de 600 textes. Rappelons-nous que le compte à rebours de ma décade démarre sur le jour 2 200.
Dernière heure : en me brossant les dents ce matin, avec ma belle pâte dentifrice de couleur beigeâtre qu’Emma n’est pas capable de se mettre dans la bouche, fabriquée en Inde, mon regard s’est posé sur la trousse de maquillage de ma fille. Qu’est-ce qu’il y avait sur le dessus, bien visible entre les deux bordures de la fermeture éclair ? Un bâton de rouge à lèvres très rose, très printanier. Je me suis dit sur le coup que j’allais m’en mettre, mais j’ai tellement peu de suite dans les idées, parce que je suis fatiguée, que sitôt ma brosse à dents rangée dans le verre à cet effet, je n’y ai plus pensé. Alors en ce moment, au travail, je porte un rouge profond et d’hiver. Pourquoi passer du temps et de l’énergie à écrire ces niaiseries ? Parce que lorsque je me sens repoussée dans les derniers retranchements de ma liberté, je m’y prends comme je peux pour m’évader mentalement.
Justement parce que je me sens coincée un peu plus chaque jour dans les derniers retranchements de ma liberté, et que j’y pense, je ne me suis même pas rendu compte ce matin, dans le métro, qu’un homme s’était assis à côté de moi. Je m’en suis rendu compte quand je me suis levée et qu’il a dû pivoter de tout son corps vers la gauche pour me laisser passer. Il portait des lunettes fumées vraiment fumées, très noires. Du coup, j’ai pensé qu’il était peut-être une vedette coincée dans les derniers retranchements de l’anonymat, derrière des lunettes noires. Il faut que je sois bien absorbée par mes soucis, me suis-je dit en sortant, pour ne pas avoir senti sa présence à mes côtés. Si j’avais été en train de lire La presse, je pourrais comprendre. Mais je ne l’ai même pas sortie de mon sac, ce matin. J’étais peut-être assise à côté de Johnny Depp, Dieu du ciel, et cela m’aura échappé.
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Badouziennes
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Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
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Un aveugle, tout simplement?
Je crois que ce n’était pas la première fois que tu oubliais le « préfixe » jour.
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Johnny Depp… tu aurais senti le regard de toutes les femmes dans le wagon!
Je t’aime maman 🙂
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