Quand j’en ai plein le casse, je dis des niaiseries. J’ai donc demandé à Emmanuelle, hier pendant qu’elle lisait et que je faisais sauter du tofu et des légumes –ce fut délicieux–, si elle avait bu la bouteille de sauce soya puisque je ne la trouvais pas.
– Oui, mais j’ai regretté l’avoir bue, m’a-t-elle répondu sans lever les yeux de son livre, parce que ça noircit les dents.
C’est notre forme de résilience, en tout cas la mienne. Quand je dis des niaiseries, je m’élève, je me sens monter, je m’éloigne du sol qui m’a aspirée, qui m’a fait trébucher toute la journée, multipliant les embûches et les pièges.
Ce jour de la niaiserie à la sauce soya, je me suis retrouvée avec deux femmes dont j’avais pensé, dans mon éternelle naïveté, qu’elles étaient là pour m’aider. Ça ne faisait pas cinq minutes que la réunion était commencée que j’ai compris que le vent avait tourné. Je m’étais bien habillée, pour aller avec le contexte de la rencontre, et maquillée, appliquant généreusement –toujours dans l’espoir de liquider mes bâtons d’ici la fin de l’année– mon rouge à lèvres d’un rouge profond. Quand j’ai compris qu’on était toutes les trois assises là à discuter et que ça n’allait rien donner, j’ai essayé de m’en sortir avec élégance. J’ai dit à peu près ceci :
– Je vous remercie de m’avoir rencontrée et je me félicite de ne pas vous avoir confrontées à l’inconfort de me voir pleurer.
– Tu peux pleurer tant que tu veux, a répondu l’une.
– Je suis consciente d’avoir abordé des sujets délicats et je m’en excuse.
Les deux femmes ont hoché la tête pour exprimer qu’elles m’excusaient, refermant leur porte-document et, l’une, jetant un coup d’œil sur son iPhone parce qu’un message venait d’entrer.
On m’avait offert un café, très bon mais très fort, que j’avais bu, et parce que je l’avais bu, la bordure de la tasse était couverte de rouge à lèvres, j’ai horreur de ça. Alors j’ai demandé à la collègue en face de moi si elle voulait me donner un bout de papier, j’avais oublié d’en apporter. Elle m’a tendu une feuille complète. J’en ai déchiré un coin et avec le coin j’ai essuyé la bordure de la tasse.
– Ce n’était pas nécessaire, m’a dit celle qui m’avait offert le café, je vais laver la tasse de toute façon.
– Ça me fait plaisir, ai-je répondu, en souriant et en demandant, le papier souillé à la main, où était la poubelle.
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Badouziennes
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Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
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Je me demande comment tu choisis (ou wordpress choisit pour toi?) ces liens qui sont proposés au bas de ton texte. Tu ne peux tout de même pas te rappeler tout ce que tu avais écris dans toutes ces anciennes pages, qui pourrait avec un lien avec celle-ci !?!
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WordPress choisit pour moi. Je peux définir des mots-clefs pour chacun de mes textes, qui servent à faire sortir ces derniers dans les engins de recherche –lorsque des recherches sont effectuées sur ces mots-clefs– et WordPress se base peut-être sur ces mots que j’entrais, car je n’en entre plus. Je m’exprime très mal, je suis désolée !
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