Jour 1 633

Poitrail gonflé

Poitrail gonflé

Poitrail gonflé, que l’on voit en haut à droite, vient de quitter la maison. Son acheteur est venu le récupérer et prévoit, ce soir-même m’a-t-il dit, l’installer chez lui. Quand je termine mon chiffre de jour à l’université, j’entame un chiffre de soir à la maison sur mes toiles. Hier soir j’ai travaillé jusqu’à minuit. J’étais un peu palote ce matin au travail, mais la séance de patin du midi m’a redonné des couleurs. Cette capacité de travailler sur deux quarts de travail est la preuve, en chair et en os, que mon opération cardiaque est une grande réussite. L’an dernier, à pareille date, je me couchais quand j’arrivais.
Ce serait merveilleux que mon chiffre de soir me permette de mieux gagner ma vie par des ventes qui, si elles atteignaient admettons 10 000$ par année, m’aideraient grandement à boucler mon budget. Je pourrais faire de ce projet une priorité pendant l’année de mes 55 ans qui va commencer le 6 avril : produire régulièrement des toiles –la difficulté ne me semble pas résider à cet endroit–, et me trouver une niche sur le marché –la difficulté réside ici. Qu’est-ce que je ferais avec cet argent ? J’arriverais tout juste.
Dans le fond, je suis une artisane. Au travail, j’adore modifier le code html en écoutant Snatam Kaur et constater la meilleure lisibilité que j’apporte aux pages que j’ai modifiées. J’aime moins participer à des réunions. Je vais aimer participer à des réunions pour étudier le comportement non verbal des gens autour de la table. Mais débattre du sujet à l’ordre du jour m’intéresse généralement assez peu. Quand il me semble, en outre, que j’ai quelque chose à exprimer par rapport au sujet à l’ordre du jour, je me place moi-même, m’exprimant, dans la marge, dans le jeu de quilles, loin du consensus. Avec la peinture, c’est un peu pareil. J’adore appliquer de l’acrylique sur mes petits morceaux de mosaïque –j’ai commencé à en tracer des un peu plus gros pour passer d’un projet de huit à disons sept ans–, et je suis moins habile pour me positionner sur le marché, me vendre, transiger.
Mais comme j’ai encore 54 ans, et pour oublier la douleur d’avoir perdu Poitrail gonflé, je vais aller, sans plus m’inquiéter de mon avenir, couvrir mes petits carrés dont la première couche est certainement bien séchée.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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1 Response to Jour 1 633

  1. Avatar de Jacques Richer Jacques Richer dit :

    Une très belle acquisition, ce volatile. Une très belle nouvelle, cette santé de jouvencelle !

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