Voici une photo de mon passé récent. Ma consigne d’aujourd’hui est de mettre en ligne une photo qui me fait remonter le temps, afin de comparer l’état qui m’habitait au moment où a été prise la photo avec celui qui m’habite maintenant. En fait, c’est toujours le même état qui m’habite, mais il est modulé par les événements que je traverse au fur et à mesure de ma vie. Je ne décrirai pas cet état qui m’habite car ça me prendrait huit ans à trouver les mots appropriés –comme ça me prendra huit ans pour ma mosaïque. Cette photo a été prise à l’UQÀM lors de l’exposition de mi-session de mon cours de matériaux mixtes. C’était je crois à l’hiver 2009. J’avais les cheveux longs, un pantalon kaki de coton et ma veste Tommy à rayures rose et marron. Nous étions un gros groupe, une bonne trentaine, et je me sentais seule au monde dans ce cours et dans ce groupe. Ça, c’est très conforme à l’état qui est le mien et qui m’habite depuis toujours. Je ne me sentais pas tellement mieux que maintenant, ou encore je ne me sens pas tellement plus mal qu’il y a cinq ans.
J’ai bien aimé la remarque d’Éric Lapointe lorsqu’il fait visiter sa maison aux membres de son groupe –je fais référence à la seule émission que j’écoute ces dernières semaines, à savoir La voix. Ils sont dans son sous-sol, qui a été transformé soit en salle d’enregistrement soit en studio de pratique, je n’ai pas vraiment remarqué, et il dit qu’il s’y sent à l’abri de l’humanité. Je ne crois pas avoir besoin, autant que lui, d’être à l’abri de l’humanité. J’aurais besoin d’un coup de pouce, ça c’est certain, mais sous quelle forme ce coup de pouce, honnêtement je ne le sais même pas !
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