Jour 1 645

J’étais tellement fatiguée, le vendredi qui a précédé ma semaine de vacances, soit le 7 mars, que je ne trouvais plus ma voiture à la sortie du travail. Je ne voyais plus clair.
– Qu’est-ce que tu fais là ?, m’a demandé un collègue qui se rendait au métro, me voyant immobile sur le trottoir.
– Je cherche mon auto. Je pense que je me la suis fait voler. Elle était là ce matin, ai-je précisé en montrant un endroit du doigt, endroit où se trouvait maintenant une voiture rouge.
Le collègue a failli s’étouffer de surprise. Pour ma part, je n’avais ni la force de m’étouffer ni d’être surprise, j’étais stoïque et découragée à l’idée, primo, de rentrer à la maison en métro, et, secundo, de devoir remplir des papiers et passer des coups de fil pour régler l’affaire.
– Qui est-ce que je dois appeler en premier ? Le 911 ? Penses-tu que je peux appeler de chez moi ou qu’il est préférable que je retourne au bureau ? Si je n’appelle pas le 911, j’appelle la fourrière ? Est-ce qu’on trouve les coordonnées de la fourrière sur le site web de la Ville de Montréal ?
– C’est vrai, tu n’as pas de cellulaire, m’a répondu Francis, le collègue. Si le vol a eu lieu ici, tu serais bien folle de téléphoner de chez toi. Qu’est-ce que la fourrière vient faire là-dedans ? Tu étais stationnée à un endroit autorisé ?
– Il va aussi falloir que j’appelle ma sœur, elle m’attend pour souper, à Joliette.
Et là, je me suis mise à penser qu’il n’y avait rien dans mon réfrigérateur et que j’allais, primo, non seulement rentrer à la maison en métro et à pieds, mais, secundo, devoir m’arrêter au Provigo.
– Mince, ai-je ajouté, me demandant déjà ce que j’allais acheter.
Me voyant pas mal perdue, Francis m’a encouragée à marcher en direction de la porte d’entrée de notre édifice, des fois que le parcours me rappellerait celui que j’aurais pu avoir emprunté le matin.
Ma voiture, pas mal sale, était là, bien entendu, à quelques mètres de nous. J’ai embrassé Francis, que j’avais par ailleurs embrassé quelque quinze minutes plus tôt au moment de nous souhaiter bonne semaine, lui au travail et moi en vacances.
À l’idée que j’allais pouvoir manger chez ma sœur, et m’éviter ainsi l’achat, le transport et la préparation de la nourriture, le poids des contrariétés s’est complètement envolé.
Autrement dit, admettons qu’il m’aurait été possible de régler le problème du souper en me téléportant chez ma sœur, je pense que le vol de la voiture ne m’aurait pas tellement dérangée.

Avatar de Inconnu

About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire