Jour 1 651

Je suis bloquée par la fenêtre. Je ne sais pas ce qu’il y a de l’autre côté, à l’extérieur. Toutes les possibilités pourraient être envisagées, si je savais dessiner. À l’intérieur, il y a un énorme bouquet de fleurs identiques, de couleur fuschia. Bouquet, il faut le dire vite. Il s’agit plutôt d’un amoncellement de pétales auxquels j’ai tenté de donner du mouvement, tantôt penchant à gauche, tantôt à droite. Ce n’est pas tant un bouquet qu’une espèce de mandala géant, finalement. M’éloignant pour regarder le bouquet mandala, après avoir passé des heures le nez collé dessus, j’y ai vu une forte ressemblance avec une femme, vue de dos, portant une perruque. Le bouquet agrémente un vase de couleur cuivre, énorme lui aussi, au centre d’une table nettement trop petite pour la grosseur du vase et du bouquet. Je me suis pourtant souciée des proportions, j’ai même tracé des lignes à la mine pour circonscrire la surface de la nappe, sur la table. J’ai aussi tracé les pattes de la table avec précaution pour qu’elles soient bien inclinées et de format réaliste. J’ai partiellement réussi. Mais à l’extérieur, je ne trouve pas ce que je veux représenter sur ma toile. J’ai cherché tout le week-end. J’ai couvert le ciel, entre les feuilles d’un arbre, donc à l’extérieur de la fenêtre, d’un bleu gris qui se voulait le bleu d’un ciel chargé d’humidité pour évoquer une journée de canicule. Mais une fois le bleu appliqué, je me suis rendu compte qu’il était trop gris et qu’il rendait ma journée d’été tristounette. Qu’est-ce qu’il peut bien y avoir sous l’arbre, maintenant, je n’en ai aucune idée. J’ai pensé à une petite barrière de bois, c’est facile à dessiner, à un plan d’eau, à une plage de sable, à un personnage. Mais ces idées, comme d’autres à leur suite, ne me convainquaient pas. Quelque chose de similaire s’est produit cette semaine par rapport à un événement extra-curriculum qui s’est tenu dans le grand hall d’honneur de notre université. Qu’est-ce que la personne a pensé de moi, lors de cet événement extra-curriculum, qui nous mettait en présence l’une de l’autre, dans le sens que nous étions tous assis en rang d’oignons et que cette personne était assise à ma gauche, à ma droite étant le mur ? Je n’en ai aucune idée. Autrement dit, j’ai passé le week-end à revivre l’événement qui m’a laissée perplexe. Ce n’est pas comme ça que je vais réussir à regarnir mes murs.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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