Tout étant subjectif et affaire d’interprétations multiples, j’ai reçu deux commentaires contraires par rapport à Jubilation avant janvier.
L’une m’a dit que j’avais couvert ma toile de restants de peinture, ce qui est un peu vrai, et que j’essayais de faire passer mes taches pour une forêt aux couleurs d’automne alors que je ne respectais pas les principes élémentaires de la composition.
– J’espère que personne ne sera assez fou pour acheter ça, a ajouté l’amie, en concédant cependant que je ne demandais pas très cher.
Je n’ose ici écrire le prix tellement, effectivement, je n’ai pas demandé cher.
L’un n’a rien dit d’autre que :
– Celle-là, peux-tu me la réserver ? Je vais l’acheter. Heureusement, tu ne demandes pas cher, mes finances sont assez serrées. C’est mon vingtième anniversaire de mariage cet été et je vais offrir ta toile à ma femme.
J’ai failli tomber à terre. Quel beau cadeau me fait cet homme !
Au final, car je décide que mon exposition finit aujourd’hui, dernier jour du mois, j’ai vendu la moitié de ma collection, soit treize toiles. Certains constats s’imposent : il n’y a pas assez de lumière dans ma maison pour les visites du soir; mes toiles continuent d’être trop pleines et peu aérées; les chaises de la table de cuisine, où on s’assoit instinctivement, grincent au moindre mouvement et ne sont pas confortables; les jours de grand froid, les visiteurs ne se sont pas attardés parce qu’ils n’avaient pas apporté leur édredon.
– Tu n’as pas froid ?, m’ont-ils demandé.
J’avais un peu froid, mais j’aime vivre à la spartiate. Je m’accommode de manger froid un plat qui se mange chaud, je bois de l’eau chaude du robinet quand je n’ai pas la patience d’attendre qu’elle devienne froide, je me brosse les dents indifféremment à l’eau chaude ou froide, je bois mon café chaud ou froid, je mange les trognons de pommes pour ne pas avoir à chercher une poubelle, etc. J’ai déjà tout écrit ça.
D’autres constats : je reste maintenant entourée des toiles les moins réussies, les meilleures sont parties. Mes murs sont plus dégarnis, à Montréal et à la campagne. Mais les murs dégarnis appellent des toiles nouvelles. J’en ai justement une en chantier.
– C’est tellement chargé, m’a dit l’amie à propos de ma toile en chantier, l’amie qui n’aurait jamais payé pour Jubilation avant janvier, que ça me donne envie de dormir ! Je me sens assommée.
J’ai pris bonne note des remarques de mon amie. J’ai créé un mélange de bleu qui peut servir de bleu du ciel, de bleu de céramique, de bleu de nappe et de bleu d’ombre. Je suis en train d’en appliquer partout sur ma nature morte de grand format.
Cela étant, l’amie m’a acheté Une forme effilée, mais comme j’ai reçu une contravention le jour même de la vente, la moitié de mon gain s’est envolé en fumée.


J’aime beaucoup cette toile. J’aime son désordre de couleurs vives et contrastées.
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J’aime tellement cette toile, que je l’ai acheté. 😉
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Martin ! Quelle belle visite ! Tu devais l’offrir à ta compagne quelque part en juillet si je me rappelle bien…
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Salut, Ce n’est pas encore fait. Je pense régulièrement à ta toile qui est toujours emballée depuis cet hiver. Elle doit étouffée et être apeurée seule dans le fond du garde-robe chez mes parents. Heureusement, elle sera délivrée de sa prison de papier brun très bientôt.
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Tu me feras savoir stp la réaction de la principale intéressée.
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