Jour 1 693

Je suis quand même un peu folle. J’ai travaillé sur mon cycle acrylique alphabétique (CAA), tel que je l’ai annoncé hier, mais avant de m’y mettre j’ai passé plusieurs heures sur un autre projet, alphabétique aussi, que je désire partager avec les membres de ma famille à Noël. À cause de sa vue déficiente, mon père ne verra même pas les petits objets que j’ai patentés. Il risque fort de me dire qu’il voit quelque chose dans ma main, en double, sans pouvoir discerner de quoi il s’agit. Il est vrai que même s’il voyait, il y a des chances qu’il ne le sache pas davantage. Pour me mettre dans l’ambiance, j’ai écouté deux CD du groupe Le vent du nord. Trois fois de suite le premier CD et trois fois de suite le deuxième.
J’ai pelleté. J’ai appelé Clovis parce qu’il me manque. À pareille date, l’an dernier, nous partions pour Paris. Je lui ai dit que je l’appelais pour pouvoir dire que j’aurai parlé à quelqu’un dans ma journée.
Je suis un peu folle avec mes histoires alphabétiques et mes serviettes de table que j’aurais aimé recevoir de vingt-six personnes différentes. Le projet CAA qui m’a occupée en fin de journée, celui dont j’ai parlé hier qui va résider sur un mur de la salle à manger, a été pas mal plus agréable à travailler que le projet parallèle qui, lui, m’a obligée à m’armer de patience parce que je travaillais dans le miniature.
Ce mot d’aujourd’hui, écrit comme si nous étions lundi, sera le dernier de l’année 2013. J’aime le chiffre, 1693, il se termine par treize. Comment se termine mon année ? Mieux qu’elle n’a commencé, ne serait-ce que parce que j’ai été opérée et que mon cœur ne fait plus boum boum comme s’il allait me sortir de la poitrine. Au plan professionnel, elle se termine comme d’habitude sur un certain abattement, sur l’acceptation d’une défaite certaine. Je ne sais pas pourquoi, ces dernières semaines je pense souvent à la personne que j’étais à vingt ans, trente ans, quarante ans. J’étais enfermée dans une coquille de grande qualité, dure à ouvrir en titi. Cela m’amène à considérer que je suis chanceuse d’avoir quand même un travail permanent pas trop poche à l’université.
Lundi, nous ne travaillons que le matin. Avec les collègues, nous comptons boire du Bailey’s dans nos cafés. Je serai d’abord allée virailler à l’hôpital pour faire tester le RIN. En après-midi, je vais me rendre à la campagne, et par conséquent quitter la maison de Montréal et les vingt-six toiles bien étalées sur la table, elles sont en train de sécher. Je les ai couvertes de mes serviettes de table déchirées au moyen d’une solution acrylique transparente. Depuis que mon ordi a été réparé, je n’arrive plus à insérer des photos dans mes textes, hier j’ai zigonné pendant quinze minutes en vain. Je voulais accompagner mon mot d’une photo de Bibi et moi, prise pendant ma convalescence, sur laquelle je nous trouve belles, histoire de contrebalancer mon affirmation selon laquelle, me voyant sur la photo prise par Yvon au Salon des métiers d’art, je me suis trouvée vieille. Donc, au retour des vacances, une autre chose au programme sera de trouver à nouveau le moyen d’insérer des photos, et à ce moment-là je pourrai insérer quelques exemplaires de mes sujets au foulard rouge de tante Alice.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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