J’écris dimanche le mot de demain lundi. Voici mon ami Écervelé. Plusieurs trouvent, dans ma famille, qu’il fait pitié. Avoir produit cette toile quand Emmanuelle était petite, je me demande si elle en aurait eu peur. Je l’ai peinte sans presque m’en apercevoir, comme pour la guerrière Casquée qui n’a pas encore été présentée. Elle fera l’objet du prochain texte.
C’est le préfixe é privatif qui donne son sens au titre d’aujourd’hui : le crâne, qui est l’habituel réceptacle du cerveau, est ici privé de ce dernier puisque le personnage porte son cerveau sur sa tête. C’est ce qui arrive quand je planifie de garnir d’une coiffure touffue une tête qui souffrait jusque-là de calvitie.
Au début, la masse se voulant coiffure ressemblait à une grosse grappe de raisins. Mais l’ensemble des lignes que j’ai tracées et qui sillonnent la masse m’a peu à peu éloignée de la grappe et rapprochée de l’idée que je me fais d’un cerveau, bien que l’on puisse aussi y voir un circuit automobile.
L’œil gauche et la partie bleue inférieure dévoilent les barbouillages qui constituaient le fond avant que j’entame mon sujet. Quelques lignes à travers le barbouillage se démarquaient que j’ai tracées en rouge brique, obtenant le contour du tronc, le cou et les yeux. Le reste, à savoir le visage, la forme de la tête, les traits primitifs, se sont créés d’eux-mêmes. Autrement dit, je me suis rendu compte que j’avais dessiné un personnage sans me rendre compte que je le dessinais. C’est ce qui fait que, contrairement à mes proches, j’adore Écervelé, il m’a échappé, il a pris forme à mon insu.
Récemment, après avoir travaillé sur Profilé, inspiré de la technique Seurat, je me suis dit que ma marque de commerce pourrait être les points, alors j’en ai tracé sur Écervelé, en jaune et en blanc, dans une tentative d’égaiement. Mais au lieu de l’égayer, je l’ai plutôt couvert de cicatrices qui lui donnent un air encore plus magané, mais qui ont le mérite d’apporter de la couleur, de la lumière, de la fantaisie aussi pour ce qui est des traits en boucles et tournaillis qui sont à l’extérieur du visage.
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Une autrice illustrement inconnue !
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« The Scream » d’Edvard Munch et « Écervelé » de Lynda Longpré, deux oeuvres toniques ! 😉
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Je me demande si Écervelé ne serait pas ma toile préférée, finalement. Je travaille sur un grand format en ce moment. As-tu des projets artistiques de ton côté ?
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Oui, si l’on peut estimer qu’être papi a une visée artistique ! (2 petits bambini)
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Les vois-tu régulièrement ? Vivez-vous dans des villes différentes ? Félicitations !
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La techno aidant, nous sommes très proches.
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