D’abord Joan Didion, L’année de la pensée magique, il en est question au Jour 1 732. L’auteure vit de sa plume et, de son vivant, son mari en faisait autant. Ils ont vécu quarante ans en étant ensemble 24 heures sur 24, écrivant chacun dans leur pièce, dans les différentes maisons qu’ils ont habitées, dans différents états américains. Dans son livre, Joan aborde le sujet de son activité d’écriture. Elle fait référence au dictionnaire toujours ouvert sur le bureau, elle cite des extraits de poèmes, elle résume des livres qu’elle a lus, elle se demande s’il n’y a pas une faute de syntaxe dans une phrase écrite par son mari, etc. Je me revoyais étudiante au baccalauréat à l’Université Laval, écrivant mes dissertations et les relisant cinquante fois avant de les remettre au prof. Jusqu’aux trois-quarts du livre, j’ai investi Joan et John, le mari, d’une aura de sagesse et de maturité, comme je l’ai fait pour Anne Sinclair et DSK, que j’imaginais unis par un amour au-dessus des vicissitudes de la vie, lorsqu’a éclaté le scandale du Sofitel à New York. Je traverse la vie en la couvrant toujours affectueusement de la même beauté pure, naïve et idéale. Rendue aux trois-quarts du livre de Joan, donc, j’avais beau me dire que le couple prenait souvent l’avion, fréquentait des hôtels luxueux et des restaurants où les repas coûtent cher, j’ai découvert sur Internet que les deux écrivains, finalement, étaient des stars. Je n’ai plus été capable de me projeter en eux, je suis une fonctionnaire tout juste capable de payer mes factures !
Puis Melody Gardot, My One and Only Thrill, que j’ai écouté en boucle pendant la création de Fertilité. La deuxième chanson du CD s’intitule If the Stars Were Mine. En prévision d’une longue phrase mélodique au cours de laquelle elle ne pourra pas respirer, Melody se gonfle les poumons et les narines. On l’entend inspirer profondément. J’adore. C’est le moment du disque que je préfère parmi tous.
Et finalement Épattée, ou Empattée, ce pourrait être le mot, inventé, qui décrirait ma chenille, quatrième toile de ma famille acryliquienne. C’est la préférée de tonton. J’en parlerai demain.

Elle respirait peut-être ainsi en vue d’une sortie dans l’espace…
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La chenille aux pieds très humains
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