Pendant qu’Emma participait à un 5 à 7 qui s’est finalement terminé à minuit et demi, j’ai passé la soirée de vendredi dernier à tenter de sauver ma plus récente toile, celle qui est couverte de points à la Georges Seurat. À la campagne, ces derniers temps, nous déboisons une partie du terrain, Clovis et moi, en enlevant un arbre chicot sur deux. Clovis voudrait presque tout enlever, mais je tempère ses ardeurs. Du coup, pour les points de ma toile j’ai suivi la même règle, j’ai essayé d’en enlever la moitié en appliquant du jaune opaque. J’obtiens un visage assez gros qui flotte dans une espèce de flaque de laquelle se détachent de nombreux méandres. La flaque et ses méandres sont jaunes car c’est là que se concentraient les points en surnombre. Les méandres s’étendent sur presque toute la surface de la toile. On peut imaginer que leurs sinuosités traversent des lots, des terres, des espaces agricoles puisque les couleurs prédominantes, à part bien entendu le jaune, sont le vert (les cultures, les herbages) et le rouge (la terre). L’Île-du-Prince-Édouard étant l’endroit par excellence où trouver un sol rouge, en raison d’une forte concentration d’oxyde de fer, nous dirons que ma toile reproduit un paysage de cette province canadienne. Au centre du paysage, cela dit, il y a le gros visage qui pourrait à la limite être interprété comme étant une patate géante. Le visage (ou la patate) pose problème en ce moment car d’une part les yeux et la bouche sont trop petits, et d’autre part le nez est absent, ou alors recouvert d’un méandre gênant.
C’est sûr qu’exprimé de la sorte, on ne se fait pas une idée très séduisante de ma plus récente création. Je connais des gens qui pourraient au contraire vanter les qualités d’un soleil radieux (jaune) dont les rayons (méandres) voluptueux réchauffent les pommes de terre de qualité supérieure qui font la fierté agricole de l’IPÉ depuis la nuit des temps.
Comme une image vaut mille mots, il faudrait peut-être que j’organise une exposition de mes œuvres –une mini-exposition pour une douzaine d’œuvres– pendant laquelle je me garderais de parler pour ne pas tout gâcher.
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