Il y a quand même des améliorations qui s’installent dans mon corps. Je peux maintenant rester debout, marchant ou en position stationnaire, sans avoir mal au dos et sans me sentir les jambes lourdes. L’autre jour avec Bibi, nous avons marché depuis chez moi à NDG jusqu’au MBA. Une fois arrivées, n’ayant pas beaucoup de temps, nous avons visité l’exposition Chihuly sans même prendre cinq minutes pour nous reposer. Tourne d’un bord à la découverte des œuvres, tourne de l’autre. Je n’ai ressenti aucun inconfort aux chevilles, aux genoux ou aux hanches. C’est à cause des orthèses. Un côté éclairé, cependant, ne vient pas sans son côté sombre : je dois porter, pour les y glisser, des espèces de grosses tatanes larges, idéalement lacées m’a dit le podiatre. Je n’ai pas trouvé de modèle lacé, mais j’en ai trouvé un ayant deux languettes de velcro pour ajuster la chaussure sur le dessus du pied. On dirait un modèle conçu pour les enfants qui n’ont pas encore appris à faire des boucles. Ou pour les vieillards qui ne savent plus faire de boucle, ou qui tremblent trop pour les faire, ou qui ne peuvent plus se pencher.
– Tu ne porterais pas ça pour un rendez-vous galant ?, me demande une collègue, un peu à la blague.
Je n’ai pas osé répondre que je les porterais peut-être, ou alors mes baskettes, avec de jolies chaussettes.
Les estlasystoles, autre aspect positif, ne se sont pas manifestées ces derniers jours.
Je n’ai plus mal partout comme si je me remettais d’une méchante grippe. J’ai retrouvé un peu de souplesse et de masse musculaire. J’ai les yeux moins pochés et moins cernés. On me dit, au travail, que j’ai bonne mine. Je monte des côtes ou des escaliers et je ne suis pas essoufflée.
Mais le moral, est-ce affaire de travail ou peut-être pas pantoute, traîne de la patte.
– Que ferais-tu si tu quittais l’université ?, me demande une amie avec laquelle, pour nous encourager, nous parlons de nos retraites éventuelles, elle dans six ans et moi dans plus de sept.
– J’aimerais bien être caissière, debout, à longueur de journée !, ai-je lancé pour nous ravigoter.
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