Bibi essaie de m’encourager :
– C’est le premier mois de convalescence qui est difficile, tu vas voir, ton état va s’améliorer, et la canicule va finir.
J’ai passé la journée d’hier à craindre qu’on me réopère, tellement je me sentais mal, oppressée de la cage thoracique à ne plus pouvoir respirer normalement. À croire aussi, dur comme fer, que la canicule ne finirait jamais.
3,5 ce matin à la clinique des anticoagulants. C’est à la limite du trop haut, mais je m’en fiche, en autant que je n’aie pas besoin de me piquer le ventre.
– Si vous voulez, me dit l’infirmière, je peux essayer d’enlever vos steri-strips. Ils tiennent par la peur. Ça doit vous piquer ?
– Ça me pique excessivement, je dirais même que la nuit ça me brûle.
Je suis donc sortie aujourd’hui de l’Hôtel-Dieu la cicatrice à l’air, bien à la vue, un peu sensible sous le frottement du tissu de ma robe. C’est une excellente chose que je sois débarrassée de ces pansements. Mais pour l’instant, je ne suis pas capable de me regarder le thorax, ça me donne mal au cœur.
Bibi continue de m’encourager :
– Dans quelques semaines, quand tu seras moins faible, tu vas pouvoir regarder.
La cicatrice est très belle, m’ont dit l’infirmière et ma sœur. Une mince et longue ligne fine, très droite, qui va avec le son cristallin de ma valve.
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