Il y a certains aspects de la chaleur intense qui me plaisent parce qu’ils me font vivre différemment. Je n’allume pas les lumières, qui réchauffent les pièces. Hier à 21 heures, il n’y avait pour seul éclairage dans tout le logement que mon écran d’ordinateur. Je travaillais sur le texte de Zébra, au bout de la grande table dans la salle à manger. Quand j’ai arrêté, je suis allée prendre ma douche, dans la noirceur, mais c’était essentiellement pour ne pas attirer les bibittes. Dans la noirceur et dans la chaleur, la notion de voleur et de violeur ne tient plus la route, elle devient une réalité dont il est préférable de ne pas se soucier. Si je ne laisse pas ouvertes la nuit les portes avant et arrière, je cuis. Or, la porte-moustiquaire arrière, une vieille affaire rafistolée, ne se verrouille pas. Elle donne directement accès au balcon et aux escaliers, n’importe qui pourrait monter et entrer chez moi. Je serais en train de travailler à mon ordinateur, faiblement éclairée par mon écran, et je dirais au voleur ou au violeur :
– Bonjour, je peux vous aider ?
Le jour, dans cette chaleur, pour la sieste de l’après-midi et pour couvrir le bruit des véhicules qui sont nombreux, je mets des bouchons d’oreille. En prime, les ventilateurs fonctionnent. Un voleur pourrait tout voler. Un violeur y penserait peut-être à deux fois qui verrait ma cicatrice encore couverte de sang séché, et de pansements qui ne veulent pas décoller.
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Badouziennes
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Une autrice illustrement inconnue !
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ummmmm…
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