RVM – 16 bis

Je retrouve l’humour un brin corrosif qui était le mien avant de prendre des antidépresseurs pendant dix ans. Parce que j’ai arrêté de les prendre fret net sec quand j’étais dans le coma à l’hôpital.
– Je vois à votre dossier, Mme Longpré, que vous prenez de la venlafaxine, une forte dose, me dit un certain docteur Vimont, je venais d’arriver aux soins intensifs. Avec la morphine, les Ativan, et peut-être aussi les Dilaudid… J’ai envie de ne pas vous en prescrire pour le moment, qu’en pensez-vous ?
– Comme vous voulez, ai-je répondu, pas trop certaine, sur le coup, de savoir qu’est-ce qu’il voulait, justement.
Très vite il s’est avéré que la morphine me faisait vomir et halluciner, et personne ne m’a proposé Ativan ou Dilaudid en remplacement. Alors j’ai enduré mon sort à froid, –dans un hôpital suffocant.
Cette semaine, j’étais avec le médecin de garde affecté au suivi Coumadin.
– Vous allez devoir vous piquer au Lovenox encore cette semaine, votre taux est beaucoup trop bas.
– Ouache, c’est le mot qui est sorti de ma bouche.
– Vous n’aimez pas vous piquer ?, me demande-t-il.
– Vous-même, docteur, lorsque vous vous piquez, vous aimez ça ?, ai-je rétorqué, usant ici de mon humour corrosif.
– Oh ! moi, madame, vous savez, je suis grand, je porte des lunettes et en plus je suis de peau noire, alors je ne me pique jamais !
J’ai adoré. Je lui demande son nom. Il me donne son nom. J’allume : il est le cardiologue de Raymond, dont j’ai déjà parlé sur mon blogue, professeur de musique à FACE, celui qui dirige le chœur des garçons avec tellement de ferveur qu’il rebondit et manque de tomber en bas de la scène.
– Vous êtes le médecin de Raymond !, me suis-je exclamée.
– Et vous, prof à FACE ?, me demande-t-il, sachant tout de suite de quel Raymond je parlais.
– Non, c’est ma fille qui était à FACE, elle a fini cette année.
Nous faisons tous partie de la même grande famille, à la clinique des anticoagulants, y compris les cardiologues de peau noire qui portent des lunettes.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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4 réponses à RVM – 16 bis

  1. Jacques Richer dit :

    Curieuse logique que celle des grands médecins noirs à lunettes.

    Heureux tout de même de constater que par écrit, ici, on ne dirait pas que tu es amochée et convalescente. Tu as l’air plutôt vive!

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  2. Badouz dit :

    Je me sentirais encore mieux si je n’étais pas dans l’étuve de mon logement en ce moment. Remarque, cet après-midi j’ai rencontré un ami au Second Cup de mon quartier et j’ai eu tellement froid que j’avais hâte de ressortir !

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