J’ai-tu bien fait d’appeler l’éditeur ! J’avais tout faux.
Je me suis dit, car quand on est seule à la maison on se parle à soi-même :
– Je vais faire quelque chose que je n’ai jamais fait dans ma vie. Je vais appeler l’éditeur deux fois de suite, juste pour le plaisir, juste parce que j’ai le temps, juste parce que j’aime lui parler.
J’appelle, c’était cet après-midi jeudi. Il répond aussitôt. Je m’exclame :
– Vous êtes là ! Wow ! C’est merveilleux !
– Je suis toujours là. Content de vous entendre à nouveau.
J’aborde la question du décès, et je rappelle à l’éditeur dans quelles circonstances Gaétan Soucy m’avait mise en contact avec lui, lors d’une première rencontre au Quai des brumes.
– Je constate que vous vous trompez d’homme, me dit assez rapidement l’éditeur. Vous confondez avec Jean-Yves Soucy, dont la compagne, effectivement, a corrigé votre manuscrit. Je ne sais pas si elle en corrige encore, je n’ai pas eu de contacts récents avec elle.
C’est bien trop vrai ! Je ne connais Gaétan Soucy ni d’Ève ni d’Adam. Je n’ai pas lu La petite fille qui aimait trop les allumettes. Et je trouvais, en regardant la photo de sa notice nécrologique sur le web, qu’il avait beaucoup changé par rapport au souvenir que j’avais conservé de son visage, de son physique. Bonne nouvelle, Jean-Yves est encore en vie et n’aurait pas de problèmes de santé ! Ça n’améliore en rien le sort des proches de Gaétan Soucy, évidemment.
– Et bien dites donc, j’ai bien fait de vous appeler !
– Demain matin je dois m’absenter, mais sinon je serai ici tout le week-end, a-t-il dit pour se moquer de moi. Jamais deux sans trois !
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