Lundi matin 8 juillet, le Coumadin est encore trop bas, 1,8.
– Vous ne devez pas oublier, Mme Longpré, me dit le médecin pour m’encourager me voyant la mine basse, que vous êtes plus active que la semaine dernière, que la semaine dernière vous étiez plus active que la semaine d’avant, et que la semaine prochaine vous serez plus active que cette semaine… et que la quantité d’énergie que vous dépensez fait fluctuer le taux de Coumadin.
Comme je sais tout ça, j’en profite pour changer de sujet.
– Ma sœur a gagné, finalement, dis-je au médecin qui essaie de calculer mon dosage de la semaine. Je lui ai dit tout à l’heure que je me pensais à 2,1. Elle m’a répondu qu’elle me voyait à 1,9.
– Votre sœur travaille-t-elle dans le domaine des finances, ou des statistiques ?, me demande le médecin sans lever le nez de mon carnet de Coumadin.
Je n’ai rien répondu mais j’ai souri –et ceux qui connaissent ma sœur s’expliqueront facilement mon sourire.
Mon Emma est positive. Je l’informe via Facebook que le Coumadin a augmenté, mais pas tant que ça. Elle me répond :
– Tu as quand même augmenté d’une valeur de 0,5, maman.
Bibi a dit la même chose, et le médecin aussi, et je suis d’accord avec eux. C’est juste que je déteste me piquer la bédaine.
Comme nous sommes restées une heure et demie à l’hôpital, nous avons eu le temps, Bibi et moi, de lire La Presse, mon exemplaire livré à la maison, bien entendu. Heureusement, je n’avais pas oublié mes lunettes ! Le premier cahier était consacré à la tragédie du Lac Mégantic. J’ai laissé Bibi lire le cahier à son aise et je lui ai demandé, en niaisant, de mon passer le cahier des sports. En niaisant, dans le sens que je n’ai probablement jamais lu un article du cahier des sports au complet. Je comptais surtout regarder les photos et peut-être lire un mince entre-filet et, ce faisant, oublier que je commençais à avoir faim. Je suis tombée sur un article qui relate la victoire de Murray à Wimbledon. L’homme y est décrit comme étant très sensible.
– Je suis dans le brouillard, je n’y crois pas encore, je dois laisser la poussière retomber… sont au nombre de ses paroles qui nous sont rapportées.
Comme j’ai tendance à penser que ces sportifs sont des machines, l’article m’a fait monter des larmes. Lorsqu’on se remet d’une opération majeure, je généralise mais il y a du vrai quand même là-dedans, on a tendance à pleurer facilement.
Arrivée à la maison, il m’est venu l’idée de collectionner en les découpant les articles qui me plaisent, qui me font du bien, qui me font monter des larmes. Mine de rien, je suis rendue à deux : celui sur les policiers thaïlandais qui sont trop gros, que j’ai effectivement découpé, et celui d’aujourd’hui sur Murray.
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Badouziennes
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Ummm… pas sûr que tu aies toute ta tête avec ces choix d’articles. On verra bien avec le troisième élu. :O)
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