Je marche en direction de la chambre de Josèphe, question d’aller lui faire un petit coucou. Je suis précédée de ma marchette. L’édifice est trop vieux pour recevoir la climatisation, or il fait chaud et humide en titi. Les gens s’étendent comme ils peuvent sur leur lit, les pieds découverts et la jaquette pas attachée. Nous nous sourions quand nos regards se croisent, entre patients de la grande famille des cardiaques. Je traîne 25 livres de boursouflures qui ont transformé mes pieds en énormes choux-fleurs, mes mains en gros boudins, et le chantier de construction de mon sternum en une énorme pastèque le long de laquelle pendouillent, tristes oripeaux, deux amas de peau qui ont déjà été mes seins. Y’a pas à dire, je suis en pleine forme. J’arrive à la chambre de mon amie en même temps qu’un médecin portant sarrau blanc.
– Mme Morneau ?, demande-t-il.
– C’est moi !, répond une voix venant de nulle part, une voix pétillante et joyeuse.
J’entre à la suite du médecin et me rends m’écraser sur le bout du lit de Josèphe. Le médecin la félicite pour sa mine superbe. Josèphe n’aurait pas eu le cœur assez fort pour recevoir un changement de valve selon la technique qui a été retenue dans mon cas. À la place d’un RVM, elle a reçu un TAVI. Je fais des blagues et je lui dis, une fois le médecin parti :
– Regarde à quoi tu ressemblerais n’avoir pas eu le TAVI !
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Badouziennes
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Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
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Et ho ! Les jours fériés, on écrit pas on se repose ! J’espère que les 25 livres de boursouflures sont parties !
XXX
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Jour férié ou pas, je suis en vacances pour un bon moment, alors je m’en sacre ! XXXX Oui, les boursouflures ont pas mal disparu. Mais je mange énormément, j’ai tout le temps faim.
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