Ce fut une très belle journée d’anniversaire et ce sera un texte descriptif de cette journée. D’abord, il faisait très beau. Pour aller avec la beauté du temps, j’ai mis une belle robe, de modèle fuseau noir en tissu élastique avec voile moustiquaire un peu transparent en forme de losange sous la poitrine. La même robe, pour dire les choses autrement, que j’ai portée à Noël de l’année 2010 et qui avait fait en sorte que mon père m’avait téléphoné le lendemain de Noël pour me dire que ma robe m’allait bien.
À ce sujet, j’ai inventé une nouvelle fantaisie :
– Je vais porter cette robe à l’occasion de mon anniversaire jusqu’à ce qu’il ne me soit plus possible de la porter (parce que je serai rendue trop toutoune), ai-je dit aux membres de ma famille. Et tout le monde devrait s’inventer un projet équivalent parce que c’est amusant, ai-je ajouté en faisant madame je sais tout qui se permet d’en montrer aux gens, mais heureusement je n’ai pas trop insisté.
Papa, lui, portait une chemise en coton à petits carreaux qu’il laisse flotter par-dessus ses jeans, comme le ferait un homme de forte taille pour cacher son ventre, il est permis de le penser. Mais comme tout le monde le sait, papa est petit et n’a rien à cacher. Mon oncle HPJ, presque aussi âgé que papa, portait aussi une chemise à petits carreaux en coton mais glissée dans ses pantalons, des pantalons de professeur d’école car il était professeur dans son jeune temps et il le fut d’ailleurs pendant toute sa vie active. Les deux aînés étaient assis au bout de la table et je m’étais réservé une place de choix puisque c’était mon anniversaire, une place de choix à côté de papa. Clovis ne désire pas s’asseoir avec nous à la table, lorsque nous organisons des fêtes, il se tient derrière le comptoir dans la cuisine et se montre prêt à servir les gens en tout temps. Ce qui est chouette, hier, c’est qu’il manquait une place à la table, j’avais mal calculé mon affaire. Alors mon frère Michel et Clovis se sont activés ensemble dans la cuisine, pourtant on soulignait aussi l’anniversaire de Michel, celui aux grandes pattes d’ours, il aura 51 ans le 9. Mon frère est tellement grand qu’il avait l’air d’un géant au-dessus de l’évier. Il devait se pencher pas mal pour atteindre les robinets, alors que je reste bien droite sans incliner le dos pour les atteindre.
À la fin de l’après-midi, ma sœur, Emma, Clovis, son fils Matthew et moi avons joué au Chromino et là, d’où j’étais assise, j’ai adoré ce qui s’est passé. HPJ s’était installé sur un fauteuil et dormait. Il se réveillait, il se rendormait. Se réveillant, il essayait de déterminer où est-ce qu’il était rendu, parce qu’à son regard je comprenais qu’il essayait de se situer, il tournait la tête à la recherche de repères. Puis, il se rappelait qu’il était chez sa nièce, il se tournait vers nous et nous disait Jouez, jouez, je ne suis pas pressé de rentrer, il se rendormait avec un sourire exquis sur les lèvres. Il me donnait l’impression d’être au paradis.
Parlant de paradis, mon frère Swiff, qui envisage de revenir au Québec car papa vieillissant il voudrait le voir plus souvent, mon frère Swiff, donc, qui était avec nous, ainsi que sa femme Betty, m’a dit, commentant la maison de campagne :
– T’as une maudite belle place !
– Tu trouves ?, ai-je répondu.
Son regard a confirmé ses dires et, je ne sais pas pourquoi, j’ai reçu ses paroles comme mon plus beau cadeau de fête ! Enfin, je sais un peu pourquoi : c’est parce que la maison ressemble de plus en plus à une galerie d’art entretenue avec soin par Clovis, dans laquelle cet après-midi Emma s’est étendue sur le canapé, bien couverte, tricotant quoique étendue, écoutant la télévision, relaxant, pour la première fois depuis X temps. Je me sentais extrêmement bien dans cet endroit de paradis avec ma petite famille.
Je comprends le couple Y de ne plus vouloir décoller, me suis-je dit, et en outre, ce doit être bon pour une maman de vivre une belle grossesse tranquille et sereine. Je ne sais pas si c’était pour m’inciter à lui laisser la maison plus longtemps, ou par amitié désintéressée même si on ne se connaît pas tellement, mais Yasmine avait laissé à la vue un très beau foulard brodé qui allait parfaitement avec ma robe.
– Porte-le mon chou !, s’est exclamé Clovis, et effectivement je l’ai porté et faisant cela je me faisais solidaire de la grande famille unique à laquelle nous appartenons tous.
– Tu donneras ça à Yasmine, m’a dit tantine en me prenant un peu à part au moment de nous quitter et en me tendant un sac qui contenait quelque chose de mou, une tenue de bébé, ai-je pensé. Elle revient bientôt, j’espère ?
– J’espère, tantine. Si je n’ai pas de ses nouvelles, ne t’inquiète pas, je contacterai Simona !
Merci à tous pour cette merveilleuse journée du 6 avril 2013.
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