Dans la vie idéale de ma convalescence pour chirurgie cardiaque, si chirurgie cardiaque il y a un jour, je serais l’heureuse propriétaire d’un ordinateur portable plus rapide que mon dinosaure de sept ans actuel. Comme j’envisage passer ma convalescence à la campagne, il faudrait que je m’abonne à un service Internet. J’opterais pour un service haute vitesse, et pas juste un service à vitesse intermédiaire, comme c’est le cas à Montréal. Les premières semaines, je me tiendrais pas mal tranquille. Mais peu à peu, je pourrais bouger, me déplacer, m’installer au clavier. Je commencerais, pour m’amuser, par agrémenter de photos les textes de mon blogue. Je ne prends jamais le temps de le faire. Je jouerais aussi à l’archiviste, moi qui suis si peu dotée de cette aptitude : je mettrais en notes de bas de page le numéro des textes auxquels je fais référence, au fur et à mesure des textes qui s’écrivent. Je ferais toutes sortes de commentaires quant aux occurrences que je réutilise, aux clins d’œil que je fais à certaines tournures, cela deviendrait un blogue de notes de bas de pages ! Bien qu’ayant accès à Internet, je ne lirais pas vraiment le Cyberpresse ou le site de Radio-canada, car quand on les lit on apprend qu’Angèle Dubeau, plus jeune que moi, souffre d’un cancer du sein. Elle est originaire de la région de Lanaudière, la belle Angèle. Je me rappelle d’un après-midi au camp musical du lac Priscault, à St-Côme. Ce devait plutôt être une fin d’après-midi puisqu’elle n’était pas en train de pratiquer. Je dirais même que c’était pendant que nous attendions, en ligne, pour aller souper à la cafeteria. Angèle nous parlait de sa vie en se plaignant qu’il ne s’y passait rien, rien d’autre que de la pratique de violon à longueur de journée. Ma fille me dit la même chose en d’autres mots. Elle m’a téléphoné tout à l’heure au bureau pour m’annoncer qu’elle avait une répétition générale ce soir à l’école, pour son concert de vendredi prochain le 15 février, mais qu’elle aurait néanmoins le temps d’aller à la maison avant, de 16 à 19 heures.
– Comme ça, je vais pouvoir pratiquer ma maudite flûte, me dit-elle.
Comme j’allais raccrocher après l’avoir taquinée quant à son vocabulaire, de type Défoule-toi, Emmanuelle, c’est excellent pour la santé, elle a eu le temps de me glisser :
– Ah oui !, maman, j’ai plein de choses à te faire payer !
Heureusement, je peux bénéficier de congés de maladie rémunérés…
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