J’écris mon mot d’aujourd’hui sur l’heure du midi, comme d’habitude, au travail. Mes collègues sont partis, c’est tranquille. Quand j’ai fini ils reviennent. Je dois pour ma part reprendre le travail mais j’ai faim. Alors je prends cinq minutes pour aller chercher mes médaillons de porc à la crème, au frigo de notre cuisinette. En revenant à mon bureau, je croise une femme qui revient du service de l’aide financière. Elle porte des talons à ce point ultra aiguilles que ses jambes en tremblent quand elle marche. Elle exhibe avec fierté un chignon sophistiqué comme peut-être seulement ma mère pouvait s’en faire autrefois quand elle était jeune, et moi toute petite, mais je m’en souviens. C’est un aspect des talents excentriques de ma mère que je suis incapable de battre, j’ai de la difficulté à faire tenir une pince dans mes cheveux. Donc, talons, chignon, traits un peu ingrats mais quand même une forme de beauté, et, ce qui m’a fait tourner le cœur de peur : une cape de queues de renard roux dont on dirait qu’il manque des bouts ici et là, longue, presque jusqu’à terre. Je me suis réinstallée à mon ordinateur blanche comme de la farine. Mes collègues m’ont demandé si quelque chose n’allait pas. Je n’ai pas été capable d’articuler un son.
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Badouziennes
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Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
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Ummmm… quelqu’un voulait te jouer un tour?!?
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Peut-être mais, comme il est déjà écrit, je ne me laisserai pas faire.
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