Jour 1 885

J’ai souvenir d’une promenade en bateau sur le lac Vert, à St-Alphonse-Rodriguez, j’avais autour de huit ans. Avec mon père, ma mère, ma sœur, mes deux frères, dont le plus jeune était encore bébé, nous passions nos étés à la campagne. Dans ma vie d’adulte de maintenant, je suis propriétaire d’une résidence qui se trouve à quelque huit cents mètres maximum du chalet que louait mon père. Ce chalet n’en est plus un, il a été converti, sans goût, en propriété habitable à l’année. Ce n’avait pas été une belle journée ensoleillée, plutôt une journée grisounette. Papa conduisait le bateau et nous n’étions que nous deux à bord, et peut-être même que nous deux sur le lac. Comme le moteur faisait beaucoup de bruit, j’étais installée sur la banquette arrière, seule avec moi-même. En transe. Quand la promenade s’est terminée, je me rappelle encore avec quelle difficulté il m’a fallu revenir d’un voyage mental qui m’avait aspirée hors du monde et hors du temps.
Pour m’apaiser, à cette époque-là, m’apaiser de quoi je ne saurais dire, à moins de me lancer dans des hypothèses et des questionnements qui ne me tentent pas aujourd’hui, après tout nous sommes vendredi, j’imaginais toutes sortes de scénarios au centre desquels une femme se faisait remplir. Étant donné qu’avoir huit ans, dans ce temps-là, c’est comme maintenant en avoir trois, je ne connaissais pas l’existence des vagins. L’avoir connue, le remplissage se serait concrétisé à cet endroit qui me semble être l’endroit par excellence pour obtenir une satisfaction de remplissage maximale. Ne le connaissant pas, donc, j’imaginais qu’une femme se faisait remplir par la bouche. Des hommes lui versaient encore et encore … du jus d’orange ! Ils étaient debout, elle était obligée de maintenir la bouche ouverte, ils versaient le jus directement du contenant, en l’inclinant, il s’en dégageait un jet généreux. La belle était couchée au sol, vêtue d’une robe colorée qui ressemblait à une robe que portait ma mère. Mais la femme de mon scénario, attachée des pieds et des poignets pour n’avoir aucune possibilité de lutter contre les remplissages, jambes écartées et bras tendus, ce n’était pas ma mère. C’était moi, en ce sens que je mourais d’envie d’être à la place de la suppliciée. Les hommes formaient un cercle autour d’elle. Ils ne parlaient pas, absorbés par l’intense satisfaction sexuelle qu’ils obtenaient d’être ainsi les maîtres d’un corps femelle. La victime faisait semblant de souffrir et de ne pas aimer les remplissages. Elle se lamentait, elle se plaignait, elle s’étouffait. Elle devinait qu’en se languissant elle allait exciter les hommes encore davantage. Mais ce faisant, ainsi geignant, surprise par les sons qu’elle émettait et qui se concrétisaient à ses oreilles peut-être pour la première fois de sa vie, elle sentait des ondes de plaisir se tracer une voie royale, non pas vers Inès de la Fressange, mais vers ses organes génitaux. Puis, la femme du scénario découvrait que le jus d’orange s’évacuait de son corps par cet endroit d’exaltation sublime et lui mouillait l’intérieur des cuisses. Elle ne comprenait pas que le jus, froid à son arrivée dans la bouche, ressorte tout chaud. Cette jeune fille râlait de plaisir à présent, tournant la tête à gauche, à droite et savourant la domination qu’exerçaient les hommes qui la regardaient de haut. Ils s’apprêtaient à faire quelque chose, je ne savais pas quoi en raison de mon manque d’expérience à huit ans. Un premier homme, en tout cas, avait déjà baissé son pantalon et un autre faisait glisser lentement la fermeture éclair du sien pour en faire autant. Je ne savais pas ce qu’ils s’apprêtaient à faire mais j’étais déjà transportée d’extase à l’idée que j’allais le savoir dans une minute ou deux.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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