Je ressens autant de satisfaction à introduire un nouveau personnage dans mes écrits qu’à peindre une toile qui me plaît. Quand une toile me plaît, je m’installe devant, debout ou assise ça n’a pas d’importance, et je savoure le résultat. J’aime Pinocchia. Elle me fait face quand je descends les escaliers qui me mènent de l’étage au rez-de-chaussée, à la campagne. Autrement dit, quand je me réveille le matin et que je descends me faire du thé, j’ai à chaque fois l’occasion de la saluer. Il m’arrive aussi de m’asseoir sur une marche, et le week-end dernier Clovis avec moi, nous contemplons la belle. Elle a été peinte sur la toile qui a servi à reproduire le drapeau français, le 14 juillet dernier, quand les invités devaient s’habiller en bleu blanc rouge, non pas pour imiter Serge Lemoyne, mais pour honorer la fête nationale des Français. En fait, on célébrait les 76 ans de ma tantine dont l’anniversaire est deux jours plus tard, le 16 juillet. Pour que ce soit plus l’fun, j’ai ajouté la plus-value de la fête nationale à l’événement. À cette soirée, se trouvait une autre tantine, en forme, un peu faible à cause de son âge, 86 ans, mais toujours aussi bien vêtue, coiffée, parfumée et maquillée. Elle nous a joué un tour le 31 août, elle a quitté la grande famille planétaire terrestre pour rejoindre celle qui a une forme moins matérielle dans le ciel universel. Tout ça pour dire que, depuis hier, le nom d’un troisième personnage alphabétique, Xena, d’origine grecque, est venu s’ajouter aux deux premiers.
– C’est bien mélangeant, tes affaires, m’a écrit un ami. Tu vas nous perdre avant d’arriver à Alice, d’ailleurs, je suis déjà perdu !
Il a raison. Je me dis, me voyant aller depuis mon retour de vacances, le 9 octobre, que je dois faire attention. Or, je me suis lancée dans les aventures de la fiction en ne faisant pas attention, justement. Vous remarquerez, d’ailleurs, que je n’ai pas fait allusion ces derniers temps à mon éditeur chéri, ou en tout cas pas beaucoup, parce que je sais bien qu’il serait le premier à me demander de remettre les pendules à l’heure.
Je peux bien sûr invoquer ma manière de procéder, pour me justifier, c’est-à-dire que j’invente tout à froid, sans préparation, sans plan, c’est ça le drame, au fur et à mesure des jours de la semaine.
On ne connaît rien des attributs de Zoé hormis qu’elle est grande, mais quand même dans la moyenne. On sait de Yasmine qu’elle est très grande, qu’elle porte des talons hauts et une cape qui n’est pas toujours la même. Zoé habite rue Garnier, on ne connaît pas son créneau professionnel, mais elle gagne suffisamment d’argent pour payer un iPod, un portable et surtout un loyer. Yasmine galère un peu plus, depuis quelques mois elle arrondit ses fins de mois en faisant du modèle vivant chez moi, à la campagne. Je suis allée dire qu’elle était très belle, mais aussi qu’elle avait les traits ingrats, allez essayer d’y comprendre quelque chose. Yasmine suit aussi des cours de Taekwondo à Montréal et je l’ai rencontrée au quartier des arts un soir que je transportais des grands sacs de chez Omer DeSerres. Elle emprunte aussi la voiture de Clovis qui, lui, habite à Joliette. Disons qu’elle est un peu girouette et que mon plan de match, quant à l’utilisation de ce personnage dans les textes à venir, pourrait être de lui donner un peu plus de stabilité. Je conclus, au terme de cette petite récapitulation, qu’il est encore un peu tôt pour parler de Xena.
-
Badouziennes
Textes antérieurs
Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
Catégories
