Jour 1 903

Je reviens d’un mois de vacances. Je devrais prendre la résolution d’écrire chaque jour moins de lignes moins longtemps car le tome 1 de mon projet de 10 tomes contient quand même 305 pages. Je remets mon manuscrit à l’éditeur demain soir mercredi le 10 octobre 2012. Il va tout relire à nouveau –car il a lu pendant l’été une version moins au point. Ça représente beaucoup de travail pour lui aussi. J’ai changé des prénoms pour m’éviter d’être poursuivie et traînée devant les tribunaux par mes ennemis, des fois que j’en aurais, j’ai élagué, j’ai ajusté, tout ça dans la perspective que je serai publiée –perspective que je ne questionne absolument pas, j’ai d’ailleurs utilisé non pas le conditionnel mais le futur simple, je suis une indomptable idéaliste. J’ai déjà indiqué à l’éditeur de quelle manière nous allons faire paraître la page couverture de chaque tome pendant dix ans. Je lui ai téléphoné de la campagne la semaine dernière, j’étais dithyrambique par rapport à mes propres écrits. Après avoir terminé notre appel, m’étant entendue me vanter que c’en était peut-être grotesque ou encore souffrant pour cet homme qui sait déjà qu’il va me répondre non, je me suis dit que j’empruntais un sentier dangereux et qu’il était préférable que je me calme pour parer à toutes les éventualités. Alors j’ai passé dix jours en retraite fermée, à la campagne toujours, personne n’est entré dans la maison mais j’en suis quand même sortie à quelques occasions. J’ai voulu réfléchir à la qualité de mes textes, d’une part, et à la réception toujours excessivement subjective qui peut être faite de mes écritures célestes, d’autre part. Cela ne m’a servi à rien. Au terme de ma retraite et de ma réflexion, je continue de penser qu’il n’y a pas de raison que je ne sois pas publiée, par une maison ou par une autre qui existerait quelque part sur la planète. Je n’ai pas été capable de ressentir physiquement dans ma personne que les textes ne sont pas bons. Je n’ai pas été capable  d’adhérer intellectuellement, par le truchement de mon jugement, à une sanction négative de ma création.
Cela étant, il convient de dire ceci : que je sois ou non publiée, en fin de compte, je m’en fiche pas mal. Cela m’importe beaucoup moins qu’avant, ne serait-ce qu’il y a quelques mois. Cela m’importe moins parce que je suis tendue vers une nouvelle réalité qui s’est esquissée de manière de plus en plus prégnante pendant ma retraite : je pense avoir trouvé ma voie. Quand on trouve sa voie, je veux dire dans les premiers moments qu’on pense l’avoir trouvée, ces moments pouvant être d’une durée de quelques semaines, quelques semaines ne représentant à peu près rien par rapport à toute une vie, à toute ma vie jusqu’à maintenant que j’ai 53 ans, on ne peut pas en parler, c’est trop précieux, rien que d’y penser j’en frémis.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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2 Responses to Jour 1 903

  1. Heureux de pouvoir te lire à nouveau! J’étais en manque.

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