Ça faisait deux jours que le parapluie des chats verts était à la maison. Autrement dit, ça faisait deux jours que je l’oubliais le matin en vue de le rapporter à la régie de mon bâtiment. Comme nous le savons tous, c’est un parapluie qui provient des nombreux objets perdus dans mon pavillon. Heureusement, Clovis s’en est mêlé. Il a donné le parapluie à Emmanuelle, qui s’en venait dîner avec moi au chic restaurant Percé. Nous nous sommes assises elle et moi sur la même banquette, plutôt que l’une en face de l’autre, sous prétexte d’écouter les informations à la télé. En fin de compte, nous ne les avons pas écoutées. Emma a sorti son matériel de filage pour fabriquer des bracelets brésiliens. Maman, qui n’avait pas apporté son knitting kit, a tenu le début du bracelet entre ses doigts pendant qu’Emma nouait ses fils en tirant suffisamment fort par moments pour faire bouger la main et même le bras de maman. Le parapluie était quant à lui suspendu par le manche à une patère située juste à côté de notre table, et bien entendu, quand nous avons quitté le restaurant, le ventre plein de côtelettes de porc délicieuses, le parapluie est resté là. Dans l’après-midi j’ai téléphoné au restaurant, et le parapluie m’attend donc depuis hier non plus chez moi, ni sur la patère à côté de notre table, mais derrière le comptoir, à côté de la caisse.
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Une autrice illustrement inconnue !
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