
Tricot à la Baie Georgienne, Parry Sound. On portera une attention particulière à la couleur camouflage du vernis à ongle au pied droit.
J’ai l’impression d’accumuler du matériel en prévision du moment où j’aurai le temps de m’amuser avec. Si je meurs avant ma retraite, je n’aurai pas le temps de m’amuser tellement. Je n’aurai traité le matériel accumulé que de manière superficielle. Approché comme ça, la retraite, c’est bien important. Mais il n’empêche que le frère de ma collègue est décédé la semaine dernière à 51 ans. Il ne devait pas être retraité. Je n’ai pas osé poser trop de questions, mais j’ai souhaité quasiment qu’il ait passé sa vie sur le bien-être social.
Je rapporte des roches de Parry Sound en espérant améliorer un jour mon installation Land Art –rappelez-vous les dix tonnes de roches que j’ai failli acheter. Elles sont tachetées comme les girafes ou lignées comme des zèbres, dans les tons de bleu poudre, caramel et rouge tomate, et longent la maison de campagne, côté ombre. Clovis et moi avons un peu amélioré la chose, récemment, en enlevant des roches pour atteindre la terre en-dessous, afin d’y installer des plantes qui semblaient avoir été initialement plantées, par moi, trop au soleil. Encore deux ou trois jours de canicule et elles mouraient. L’installation Land Art est donc maintenant plus vivante car elle intègre de la verdure, mais il y a encore place à de l’amélioration en masse. D’ailleurs, créer une œuvre, comme le disait une de mes profs, ça exige qu’on aille plus loin, tout le temps. Et je considère pour ma part qu’une œuvre, Land Art ou pas Land Art, est rarement finie.
Je prends aussi à Parry Sound des photos de roches, encore elles, pas les petites que j’ai rapportées cependant mais les immenses qui longent la côte du lac Ontario. Pour l’instant, j’utilise les photos comme fonds d’écran sur mon ordinateur, c’est mieux que rien, mais j’aimerais les utiliser un jour pour un projet de murale monumentale.
Je voudrais, toujours une question de temps, déposer sur mon blogue des textes encore à écrire qui s’inscriraient dans le projet des Femmes de l’alphabet ; des textes aussi qui résumeraient les résultats de mon enquête sur l’habitat; j’aimerais en outre agrémenter les textes décadiens écrits à ce jour de quelques photos, ne serait-ce que les photos des roches, ou encore les photos des carrés que j’ai tricotés.
Je suis aussi à tricoter des carrés d’un autre type, plus élaborés que les carrés ci-dessus mentionnés, pour en faire une tapisserie à la maison de campagne, dans la salle à manger dont les murs sont maintenant de couleur Pourpre passion –Clovis a tout repeint le rez-de-chaussée. J’ai passé presque toutes mes minutes libres à tricoter, en Ontario, or je suis revenue de mon séjour de dix jours avec seulement quatre carrés, plus deux déjà faits à la maison, je suis rendue à six, or j’en aurais besoin d’une bonne vingtaine. J’apporte mes balles de laine pour m’avancer dans le métro, le matin et le soir, sauf que ce matin j’ai apporté les balles mais oublié les aiguilles.
C’est Michel Butor qui disait, et à l’époque, quand j’avais lu ça, j’étais jalouse de ne pas pouvoir le dire aussi :
– J’ai du pain sur la planche pour au moins cent ans.
Allô Lynda, ravie de te retrouver sur WP!
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